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La chronique des paranos
Réagissez… Écrivez un court texte et envoyez-le par courriel. ·
La méfiance de Mathieu St-Arnaud ·
Les lapins
vampires d’un anonyme ·
Les
encouragements de Donald Cyr ·
La dure journée
d’Anonyme Paquette ·
Clotaire Rapaille
selon Marise ·
Le trafic
d’enfants d’Éric Lévesque ·
La
surconsommation selon Roger Lambert |
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Votre livre incite
à la méfiance. J’en suis à croire que l’hiver 2009-2010 pourrait profiter à
mettre de l’avant le plan d’augmentation du coût de l’électricité de Thierry
Vandal (un drôle de nom pour gérer un bien collectif). Comment? Par un
délestage volontaire qui servirait à nous vendre l’idée de payer plus pour un
meilleur service. Mathieux
St-Arnaud
17 octobre 2009 Monsieur St-Arnaud, vous êtes un des
nombreux exemples que la paranoïa provoque des élans de lucidité. |
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J’ai lu Nouvelles
de l’interzone. Bravo! Saviez-vous que les lapins vampires de Sibérie
préfèrent la carotte-tide aux autres veines. Anonyme 18 octobre 2009 Je ne savais
pas. Par contre, je sais que l’Osisko de Malaric (Abtibi-Témiscamingue)
préfère les veines d’or. |
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En décembre
1997, je reçois une cassette VHS de Donald
Cyr qui traite de mutilations de bétail. M. Cyr croit
que l’association au phénomène ovni camoufle l’analyse, par des humains, des
effets des radiations sur des organes témoins à la suite d’essaies nucléaires
secrets. En 1998, un
documentaire américain traitant du même sujet proposait les mêmes
conclusions. L’herbe est
toujours plus verte chez le voisin. |
Marc Huber est un
personnage coloré de la même lignée que Pierre Falardeau et Michel Chartrand.
Il a le tour de fouetter le système dans le but de nous faire prendre
conscience des dangers de la manipulation. Il nous demande de ne pas être des
pions, mais des artisans de l’avenir de notre société, pour nous garder éveillés
devant les injustices de notre société. Félicitation pour ton ouvrage. Je
conseille ton livre à tout le monde. Donald Cyr 2 novembre 2009 Ils ne sont
pas assez paranos tes propos mon cher Donald. Le Mossad en Ukraine… HINI…
Pour les aider à s’endormir, des Reptiliens insomniaques mangeraient des
mouches tsé-tsé élevées à Ste-Dorothée par des agents de la CIA... Bref, même
si j’utilise des jurons catholiques lorsque je me choque, ta comparaison me
semble passablement exagérée. Par contre, j’avoue avoir produit plus de
textes que Falardeau, en octobre 2009. Si la tendance se maintient, ce sera
aussi le cas pour novembre. Pour ce qui est du Livre amer, j’ai travaillé très fort
à son écriture. |
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Bon, j’ai lu ton
livre, mais après j’ai brossé mes dents avec du fluor, je suis sorti dehors
et vu des avions blancs non identifiés qui déversaient du poison dans le
ciel. Le monde toussait partout au centre d’achat en parlant de vaccins. Par
la suite, j’ai allumé la TV. Ils disent que la Mafia dirige la ville de
Montréal et que le maire a peur… J’ai changé de poste. Entre deux previews
de films d’extraterrestres et de fin du monde, je me demande de quoi il
parlait déjà ton livre. En tout cas, je te reviens là-dessus. Anonyme 12 novembre 2009 J’ai ma théorie
pour expliquer l’oublie du contenu du Livre amer. Regarder la télévision, se brosser les
dents avec du fluor, fréquenter les centres commerciaux en observant des gens
qui toussent, respirer du poison provenant d’avions blancs et être dirigé par
le maire apeuré d’une ville dirigée par la mafia, tout cela dans la même
journée, affecterait la mémoire. Bref, si tu es un téméraire qui veut tout de
même se souvenir de ta lecture, l’hypnose serait la solution préconisée par
ton psychiatre. Mais attention, si je me fis au film Le
Quatrième type, cela pourrait provoquer des suites
de problèmes et des changements d’humeur radicaux, particulièrement si tu ne
dors pas à 3 h 33 et qu’une chouette te regarde (un canard ou un perroquet
peut servir de substitut). Je te
conseille donc la méthode douce: te procurer une autre copie du Livre amer
et la lire. Il se peut que ta
version soit défectueuse, ou pire, une contrefaçon achetée d’un gros conard
au service d’une entreprise de primates.
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Je suis
angoissé. Le nuit dernière j’ai rêvé à toutes sortes de monde que je connais
et ne connais pas. À la fin, une voix me disait que quelque chose
d’important, voire dramatique, va
arrivé après la mort de François Dompierre, un compositeur canadien qui est
toujours vivant. Fréderic 25 février 2010 Je n’ose faire
des commentaires stupides sur ton rêve. Je peux seulement te dire qu’à chaque
fois qu’une personne décède, quelque chose d’important se produit. J’ajoute que notre monde est de plus en
plus sous le jouge de catastrophes et drames, ce qui élève le risque que ton rêve soit prémonitoire. Bref, moi
je crois qu’il faut parfois décrocher de nos songes. |
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Vous ne parlez pas
de Clotaire Rapaille dans vos textes. Pourtant, lors de sa première
apparition à la télé, l’alarme de mon détecteur de reptiliens s’est mise à
hurler. Était-ce ses propos, ses
gestes, ses verres fumés ou son nom qui a provoqué cette turbulence? Je ne
peux répondre. Je sentais simplement la présence d’un reptile. Aujourd’hui, j’ose affirmer que
Rapaille travailles pour les reptiliens comme le précise le site de Nenki. Il
ressemble à un grand maître qui multiplie les rites et fadaises pour nous
psychanalyser. Contrairement à ce qu’il affirmait, sa mère ne pouvait chanter
du Félix Leclerc en 1944, puisqu’il n’avait pas encore produit sa première
chanson comme l’a affirmé une dame dans Infoman de Jean-René Dufort.
Mais encore, était-il utile que l’élite, comprenant des journalistes,
participe à une séance de relaxation pour trouver l’inconscient collectif de
Québec après qu’il nous ait affirmé que notre relation avec le Canada anglais
était digne d’un masochisme? Nous l’avons accueilli comme un
seigneur intouchable malgré son apparence et son nom. Nous avons été
complaisants de ses mensonges. Nous lui avons déroulé le tapis rouge, car
proposé par un maire de Québec Lebeaume. En fait, je me demande même si les
lunettes de Monsieur Rapaille ne seraient pas un élément de sa psychanalyse
reptilienne. Marise 15 mars 2010 Moi qui croyais voir Luc Jouret de
l’Ordre du Temple Solaire devant moi plutôt qu’un lézard. Peu importe notre
réaction, je m’inspire de votre texte pour poser cette autre question: Un
Thierry Vandal à la tête d’Hydro-Québec peut-il nous vandaliser? En fait, j’aime de plus en plus
Clotaire Rapaille. Si je me fie à ma propre analyse de notre inconscient, il
pourrait affirmer que les Québécois (je ne parle pas seulement de la ville)
sont très accueillants, au point de sympathiser avec n’importe quel étranger
qui pourrait avoir une certaine notoriété à cause de ses diplômes ou son
argent. Tellement accueillant que nous n’osons critiquer ces derniers. Je
dirais accueillant au point d’apprendre la langue de l’invité, pour mieux
relaxer avec lui. Rapaille nous démontre que nous sommes
soumis à des symboles, dogmes et rituels comme le sont les colonisés. Il nous
prouve du même coup que ce masochisme, l’amour de la douleur de celui qui
subit constamment sans oser répliquer, se retrouve dans les sphères
médiatiques et politiques du haut de la pyramide, ceux que nous observons les
œuvres, ceux qui nous manipulent en transmettant les valeurs qui nous
maintiennent dans notre état de colonisé. Bref, pour vendre le Québec, la ville
et la province, Rapaille devrait simplement dire que notre refus de la
souveraineté fait de nous un peuple qui excelle dans l’art de se prosterner
devant ceux qui sont souverains, au point d’en faire des seigneurs chez nous.
Rapaille est
le meilleur rapport qualité-prix pour rapailler les veilles chicanes entre
les fédéralistes et les séparatistes afin de se poser cette question: Quel
est le prix actuel du fédéralisme? |
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Après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, l’aéroport de
Port-au-Prince est sous le contrôle de l’armée, une présence qui provoque
certains retards dans la distribution de nourritures, au point que des
journalistes associent l’aide humanitaire à un débarquement. Je ne sais pas
si cela cacherait une volonté des Américains d’exploiter des gisements de
pétrole, comme l’a affirmé Benoît Perron à la radio, mais il y a assurément
du prosélytisme à l’horizon qui semble profiter à un trafic de chair
humaine. À l’aéroport se retrouvaient de
nombreux groupes qui marchaient au même pas que les soldats, des pentecôtistes,
batistes et évangélistes qui tentaient de recruter des Haïtiens pour les
purifier du mal accolé sur leur front par Pat Robertson. À la fin de janvier 2010, 10
membres d’une église baptiste de l’Idaho ont été arrêtés à la frontière de la
République dominicaine. Ils tentaient de faire traverser 33 enfants pour les
placer dans un orphelinat des États-Unis. Le hic, ils n’étaient pas des
orphelins. Les dix Américains ont donc été accusés de trafic d’enfant et
devraient être jugés aux États-Unis. Les baptistes ont affirmé ne
pas être au courant qu’ils commettaient un geste illégal. Ils voulaient
seulement aider des enfants. Le 8
février, l’avocat Jorge Torres Puello
les accompagne lors de l’interrogatoire par le juge d’instruction de
Port-au-Prince. Son aide cache un
vice. Le 18 mars, Jorge Torres
Puello est arrêté en République
dominicaine, accusé de diriger un réseau international de prostitution. Je suis certain que tu trouves
mes propos pas assez paranos. Pourtant, j’en suis un vrai. Le trafic
d’enfants n’offre pas seulement des occasions pour la prostitution et
l’adoption illégale, mais aussi pour le trafic d’organes. En juillet 2009.
Levy Iza Rosenbaum, un rabbin du New Jersey, est accusé de blanchiment
d’argent et de trafic de reins. L’organe payé 10 K$ se vendait 16 fois
le prix. En août 2009 j’apprends cette fois que des soldats israéliens
auraient participé à ce marché en prélevant des organes sur des Palestiniens.
L’information venait du journal suédois Aftonbladet, du journaliste Donald
Bostrôm. En novembre 2009, le Pérou entre dans le rang. Le ministre de l’Intérieur Otavio Salazar
parle d’un trafic de graisse et de tissus humains pour fabriquer des
cosmétiques de très grande qualité. Un peu plus loin se retrouve le
Brésil. Ce pays était sur la liste des invités des États-Unis qui pouvaient
s’installer à l’aéroport de Port-au-Prince, sans contrainte. C’est aussi un
pays qui est aux prises avec un sérieux problème de trafic d’organes:
des cadavres d’enfants amputés de
leurs yeux ou d’organes. Que serait-il arrivé aux 33
enfants, s’ils avaient traversé vers les É.-U.? Éric Lévesque 21 mars 2010 Bravo pour ton
apport. Tes propos me rappellent que je dois acheter des rognons et du foie
de veau. Ha oui! Je dois ajouter que l’auteur Jean-Jacques Pelletier aurait
traité du sujet dans le roman La chair disparue, son premier de la
série Les Gestionnaires de l’Apocalypse. L’information vient d’une
entrevue diffusée à la radio le 20 février dernier, disponible sur le site de
Musironie pour téléchargement.
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Moi ma paranoïa c’est
qu’un jour le monde arrête de surconsommer. Avec la sacro-sainte religion de
l'économie, si le monde commence à pratiquer la simplicité volontaire ça va
nuire à l'économie.
19 août 2010 Tout est dit,
cher Monsieur Lambert de St-Lambert dont le nom se retrouve dans Le Cercle
de Veckner (1993) de Mark Lärmer. Si vous permettez, nous pourrions mettre
en scène vos propos dans un théâtre qui se déroulerait autour de l’objet le
plus important de notre société contemporaine: le réfrigérateur. Premier acte. Le
thème du film 2001 l’odyssée de l’espace (1968) joue pendant qu’un
projecteur plonge sur un réfrigérateur de 2,5 M., le symbole de la Terre nourricière
faisant penser au célèbre monolithe que nous retrouvons dans l’œuvre de
Stanley Kubrick. Autour de l’objet, les singes sont remplacés pas trois personnes. La
première se nomme Restriction, la deuxième Permission et la troisième
Simplicité volontaire. Ils ont faim et aimeraient partager douze truites. Restriction
constate qu’il y en a que onze dans le frigo. Permission propose alors d’en acheter
une pour compléter la demande. Simplicité volontaire refuse. Elle croit plutôt
que neuf truites suffiraient pour concocter un bon repas. Les trois
compagnons acceptent la proposition de Simplicité. Restriction se dit «si
on mange neuf truites, il y en restera deux dans le frigo» pour une autre
occasion alors que Permission y voit une occasion d’affaires. Si personne
n’achète de truites, son prix risque de chuter. Et si elle chute, il pourra en
acheter treize pour le prix de onze. Première conclusion:
peu importe le marché de l’offre et de la demande, la simplicité volontaire
des uns crée toujours des opportunités pour d’autres. Deuxième acte.
Un quatrième personnage se présente après le repas. Son nom est Misère involontaire.
Pour calmer sa faim, il ouvre le frigo. Il constate qu’il est vide. Simplicité
ne rigole pas. Il devrait rester deux truites. Restriction parle aussitôt de
la nécessité d’imposer un contrôle plus serré du frigo, alors que Permission maudit
la perte que cette disparition engendre. Par la suite s’installe la suspicion
entre les trois amis. Deuxième conclusion:
lorsque des conflits se tiennent autour d’un bien, nous devons soit resserrer
les restrictions ou augmenter l’offre pour combler la demande. Et comme la matière
qui compose les biens n’est pas infinie, il faut soit opter pour une
décroissance économique ou une diminution du nombre de personnes qui convoite
le bien. Troisième
acte. Restriction, Permission, Simplicité volontaire et Misère involontaire décèdent
subitement. Malgré cela, le théâtre continue. À l’extrême droite de la scène
une lumière découpe l’obscurité pour nous présenter un cinquième acteur: un poulpe
assis devant sa télévision qui récite des formules magiques pendant que ses tentacules
corporatistes puisent de la nourriture pour la dévorer. Les deux truites
étaient excellentes, il se dit. Il peut maintenant grignoter tranquillement ses
ailes de poulet, boire sa Coors Light et bénir les 80% de la population
disparue en regardant les images de l’apocalypse. C’est son droit. Il a travaillé
toute sa vie pour contempler sur l’écran de sa télé des cadavres, des
explosions, des guerres et des cataclysmes. Conclusion
finale de Frank Martel, un philosophe chinois brasseur de bière au Cheval
Blanc de la rue Ontario (Montréal): Lorsqu’un poulpe monte sur ses grands chevaux, il ne veut plus descendre.
Cela revient à dire que lorsque nous vivons l’abondance, nous préférons croire
que la simplicité involontaire, les restrictions et la misère sont pour les
gens qui passent aux Nouvelles et non ceux qui les regardent.
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