OBSERVER CEUX QUI NOUS INFORMENT

La Commission
d’Études Ouranos (CEO) est peu connue au Québec et souvent critiquée en France
pour ses positions. Dans les années 90, ce texte dans l’encadré démontre
qu’elles n’ont rien pour charmer les gens à la recherche de révélations.
PRATIQUES
PSYCHIQUES ET FAUSSES CROYANCES
Instruments de
déstabilisation du nouvel âge
Parallèlement à la globalisation qui pille la planète,
une véritable conspiration prétend que l’actuel XXIe siècle
s'ouvre sur une ère nouvelle «l'âge
d'or», ou le nouvel-âge, celle de l'homme nouveau et d’un Nouvel Ordre Mondial. À l'heure
actuelle, cette conspiration opère une véritable manipulation des esprits, en
instaurant «la pensée nouvelle-âge»
par la diffusion de fausses croyances et connaissances, relevant de
l'occultisme, de la pratique d'expériences psychiques, de méditation,
relaxation... etc. Cette action par la
séduction vise essentiellement les jeunes qui représentent la société de
demain.
Parmi ces pratiques occultes, le spiritisme prend un nouvel essor; la prétendue communication
avec les morts (utilisant les techniques vidéo) se présente comme une
nouvelle sorte de spiritualité. Cet attrait pour le «spirituel» et les
fausses doctrines, dont la réincarnation, répondent d'un mouvement
d'ensemble, sous des apparences multiformes, trompeuses et mensongères, afin
d'atteindre tous les niveaux de notre société. Ces influences sont néfastes pour la conscience humaine,
elles transforment la pensée, agissent sur le mental en atteignant le psychisme,
en représentant un véritable instrument
de déstabilisation. Cette
banalisation de l'occulte dans le domaine publique, et son pouvoir de
séduction des esprits, témoignent
d'un profond malaise de notre civilisation, s'inscrivant dans une fuite en
avant consécutive à notre
déracinement des authentiques valeurs morales, spirituelles et
traditionnelles.
Le but de cette conspiration occulte est de neutraliser
toute résistance morale et spirituelle en anesthésiant l'esprit, en détruisant l'âme collective et
individuelle de l'Ancien Monde, construit sur le fondement du christianisme,
au profit d'une nouvelle forme de pensée et de croyance syncrétique,
canalisée sur l'esprit mondialiste et universalisme: désorienter et égarer
les esprits pour en faire des zombies
sous contrôle du pouvoir occulte,
oeuvrant à l'instauration du Nouveau Monde, et conduisant progressivement à
une forme de totalitarisme, sans visage apparent.
La manipulation par les pratiques occultes, tel le spiritisme, agit sur le psychisme et la pensée, par le conditionnement et la suggestion mentale. Il y a donc atteinte au libre arbitre et altération de la conscience, tout en s'ouvrant sur les perceptions extrasensorielles. Il se créait alors une dépendance qui efface la volonté consciente, la personnalité substituée par l'action de l'inconscient, placée sous contrôle dans le cas d'un état de transe médiumnique, dit aussi channeling. Les conséquences sont similaires à celle de la drogue, du fait de l'atténuation du moi conscient: il y a modification de la personnalité, en courant le risque d’un contrôle télépathique proche de l'envoûtement.
Le cheminement de la CEO
Dès 1951, la CEO se
fonde pour enquêter sur les phénomènes paranormaux et les manifestations
ovni. Trois ans plus tard, elle profite
de la grande vague d’observations de 1954 pour acquérir une expérience
bénéfique. Vingt ans plus tard, la CEO évite de conclure que les ovnis auraient
une origine extraterrestre. Elle croit même que l’intelligence qui se retrouve
derrière les ovnis n’est pas étrangère aux phénomènes paranormaux et aux
contacts avec de prétendus esprits. Pour le démontrer, en 1972 J. M. Lesage
utilise un médium. Lors de sa transe, un OVNI apparaît par-dessus une montagne
dans la région de Montluçon, en France.([1])
En 1982, alors
qu’une équipe solide se forme au Québec autour de René De Vailly et Gilbert
Bordillon, la CEO vit une révolution intérieure en publiant Le Monde occulte
du surréel paraphysique, un livre de
350 pages mettant fin à 30 années
d’expertises. Le Monde occulte du
surréel paraphysique est à mon sens un essai très important qui met
de l’avant une autre perception des phénomènes étranges et des ovnis. Malgré la
croyance en des visiteurs de l’espace qui s’implante partout, particulièrement
suite au succès du film La Rencontre du troisième type (1977) de Steven
Spielberg, Pierre Delval ose affirmer que les ovnis seraient au centre d’une
manipulation de la réalité, que l’intelligence qui se retrouve au contrôle du
phénomène créerait un «cinéma paranormal», ou encore, une illusion plus vraie
que la réalité. Il traite aussi du cerveau reptilien afin d’expliquer la
mécanique biologique qui permettrait une manipulation de l’humain pour réaliser
une transformation qui viserait une uniformisation.
Pierre Delval
commente cette transformation chez les contactés dans ce passage du livre([2]):
On a noté qu’à la suite d’une rencontre rapprochée,
un certain nombre de témoins voyaient leur personnalité se transformer.
Parallèlement, les contactés s’affirment être des «missionés» porteurs d’un
message de salut pour l’humanité.
Il précise cette fois la
mécanique dans cet autre extrait ([3]):
Notre civilisation matérialiste est ainsi, pour la
majorité ignorante et empiété dans de multiples «pièges», manipulée et trompée
dans une certaine forme de satanisme qui s’amplifie dangereusement à
tous les étages. En quelque sorte une véritable «guerre des mondes» fait rage
dans l’invisible; les psy (il parle ici des spirites et médiums), les ufos, les sectes, la drogue... en constituent les supports
manifestés dans notre univers, touchant au plus sensible et au plus profond de
l’individu; l’esprit, toujours lui, en une époque où nous touchons à l’apogée
du matérialisme dans un bonheur artificiel, où les sentiments, eux-mêmes,
risquent aussi de devenir uniformisés.
Ouranos ne fait pas l’unanimité. Et heureusement!
Ce livre provoque
des divisons inévitables au sein de la CEO et permet de lui coller l’étiquette
«d’ufologie occulte», au point d’entamer sa chute vers une marginalisation qui
ne cesse depuis. Dans le merveilleux monde de l’ufologie, le courage d’afficher
des idées controversées peut même nous suivre de nombreuses années, si nous
nous inspirons de ces mots du journaliste et écrivain Renaud Marhic tenus en
1995 pour critiquer La Vérité sur l’Ordre du Temple Solaire de René De
Vailly.
Plus intéressante par contre est l’appartenance de
l’auteur (René De Vailly) à la Commission d’Études Ouranos, association
française présentée ici comme «un organisme non sectaire (...) voué à l’étude
des phénomènes religieux». Ouranos est en fait moins connu des théologiens que
des amateurs de soucoupes volantes, puisqu’elle fut fondée en 1951 par l’un
d’entre eux, l’ufologue Marc Thirouin. La CEO connut une certaine renommée dans
les milieux du paranormal sous l’impulsion de son «responsable des enquêtes»,
l’écrivain de science-fiction Jimmy Guieu. Celui-ci, avant de se lancer dans
une croisade littéraire et médiatique contre les «petits gris», extraterrestres
carnassiers censés menacer notre planète (sic), c’était rendu célèbre par la
publication de deux ouvrages sur les soucoupes volantes, réédités en 1972 à
l’Omnium Littéraire. Une maison d’édition dont, ou l’a vu, Julien Origas fut le
responsable... Ces dernières années, la CEO a adopté des positions radicales
sur le «phénomène extraterrestre» et le paranormal en général, voyant derrière
ceux-ci une «action de subversion, afin de créer un état de parapsychocratique
collectif suffisant pour laisser libre cours à des forces occultes noires et
totalitaires du surréel paraphysique (...)». Voir la CEO disserter sur l’OTS ne
peut donc manquer de rappeler la parabole de l’hôpital et de la charité.
À la page 270 et 271 de son livre
Les Extrémistes de l’occulte - II, Renaud Marhic reprend sa critique en oubliant
de mentionner que l’ouvrage de René de Vailly, assurément inférieur au sien,
mais pas sans valeur pour cela, est né d’une censure des textes originaux. Pour
ce qui est de Jimmy Guieu, cet ufologue français parti à la chasse des petits
gris jusqu’à son décès, devait-il mentionner qu’il fut remplacé par René Samson
en 1978? Plus tard, il joignit les rangs de ceux qui s’en prennent à la CEO à
la suite de la publication du Monde occulte du surréel paraphysique, ce qui me permet d’affirmer que Marhic
a plus de points communs avec Jimmy Guieu que la CEO.
Lorsque vient le
temps de parler, ils se taisent
En 1995, la création de «rêves
vivants», autre définition de «cinéma paranormal», passe à l’actualité
scientifique par l’entremise d’un article de Science et Vie. Le
neurologue canadien Micheal Persinger aurait provoqué accidentellement des
illusions en générant des champs magnétiques de faibles intensités sur les
lobes temporaux de patients. Certains se croient même au centre d’expériences
se retrouvant dans des témoignages de rencontres extraterrestres. Je tente
d’informer des ufologues de cette découverte en espérant un texte dans le
magazine Enigma de SOS-OVNI Québec.
Sans succès. On préfère traiter de
l’autopsie du mannequin de Roswell. Pour donner plus de poids à leurs
entêtements, dans Énigma de février
1996, Le Mystère reste entier d’un
auteur inconnu (l’article est non signé) cite les propos de Renaud Marhic à
propos d’un texte sur le mannequin paru dans Science et Vie, en laissant
l’impression que la source qui nous informe des travaux de Micheal Persinger
manque de prestige.
Science et Vie est à la science ce que Pif
Gadget est à la littérature.
Bref, pendant que des ufologues
accusent la science de ne pas collaborer avec l’ufologie, un Renaud Marhic en
pleine forme frappe sur Science et Vie,
en copulant avec un mannequin, comme s’il fallait oublier les expériences de
reproduction de rêves vivants par des champs magnétiques. Ça c’est de la
science...
La CEO maintient
le cap sur ses impressions depuis plus de 25 ans
Malgré l’engouement pour ce des canulars de
l’autopsie de l’Extraterrestre de Roswell (1995), un dossier très médiatisé,
pour ne pas dire trop, la CEO préfère
s’attarder à des
filières «occultes» se comparant au cas Sarah Smith et à des interrogations
provenant de ces membres, dont ce petit texte de R. Rausher traitant des changements climatiques représente un exemple. Nous
retrouvons aussi une complicité avec feu Serge Monast, un prolifique auteur proche de Pierre
Vallière, un journaliste et le fondateur de la Presse libre Nord-Amércaine que
nous avons la chance de découvrir lors de ses participations aux conférences et
émissions de Richard Glenn. Est-ce que la CEO s’égare ou
est-elle simplement alertée par ses intuitions et expertises? Après les expériences de Persinger, en 2006,
le Québécois Mario Beauregard, docteur et auteur du Cerveau à Dieu,
«plaidoyer d’un neuroscientifique pour l’existence de l’âme» des éditions
Guy Trédaniel, se penche sur les liens entre le cerveau et les expériences
mystiques. Il est trop tôt pour que nous puissions anticiper la reproduction
d’extases mystiques. Par contre, nous pouvons anticiper que le jour où nous
aurons cette chance (est-ce déjà le cas?), des gens penseront, non à soigner
nos dépressions, mais à nous manipuler au point d’admettre que la moindre
lumière dans la nuit devienne l’éclat de Dieu.
Et ne croyons pas que ce jour
arrivera, sans frapper sur ceux qui se révèlent des libérateurs. À cette fin,
terminons notre lecture par ce passage des Cahiers d’Ouranos de juin 2009,
signé de la plume de M. Lesage (Pierre Delval):
(…) il nous faut encore dire un mot pour nous libérer des barrières de l’interdit maintenues par les gardiens de la «bonne pensée» à laquelle on impose une ligne de conduite qui condamne tout ce qui n’est pas conforme à leur vision du monde, convaincus de détenir la vérité sur tout, alors qu’ils vont jusqu’à inverser l’ordre de valeurs, qui maintenait encore jusqu’ici le fondement moral de notre société (…) Nous avons affaire à une sorte de tyrannie de la pensée unique, du «politiquement correct» interdisant tout débat de fond sur les sujets les plus graves. Car nos «biens pensants» jugent et condamnent tout ce qui n’est pas conforme à leur vision du monde. Ils exaltent sans cesse l’histoire dans ses pires atrocités. Comme l’écrivait Vincent Dauphin dans «Valeurs actuelles» du 15.01.2009: «Fondée sur le mensonge, l’hypocrisie et la mauvaise foi, la pensée unique ne peut survivre que par le terrorisme intellectuel», faisant ainsi allusion à la censure, rendant impossible aujourd’hui d’exprimer une pensée forte sans risque de s’exposer à des pressions médiatiques qui jouent sur l’intimidation et la peur, souvent pour le journaliste de perdre son emploie. Quand ce n’est pas d’amener le discrédit jusqu’à ridiculiser celui qui sort des limites de ce «politiquement correct.