J’ai continué ma route, pour enfin découvrir que
quelques mots de la chanson
Canayens de Fred Fortin traversaient mon esprit.
Ça va bien... Le lendemain, la même chanson me hantait encore
pendant que je m’occupais à une activité zen: découper les voyelles et consonnes
d’un vieux livre et les placer dans les contenants appropriés, prêts à utiliser
pour un travail de typographie, si mon imprimante faisait défaut.
le lecteur sera heureux de cette décision. De mon
côté, je suis enchanté de constater que j’ai terminé mon travail le jour du
bombardement de Hiroshima du 9 août 1945. Je ne pouvais trouver mieux que cette date pour traiter d’exploitation d’uranium et
vous dire deux choses très importantes:
Bonne lecture

Août 2010
Des gens auraient vu une bête
aux dents de fers dévaster les terres de l’Interzone. Elle creuserait les trous
de la prospection et hurlerait le bon sens de l’exploitation pour étouffer les
cris des manifestants que nous pourrions traduire par ces mots: le Plan du Nord
du gouvernement québécois étend la bêtise et le copinage dans les endroits
les plus reculés.
Je ne réagirais pas à cette affirmation.
Pour l’instant, je dois m’inspirer du flegme de Richard Martineau pour
construire un texte. Ça va bien. Et
comme le chante Fred Fortin dans sa chanson sur le hockey
Canayens:
Quand ça va ben, ça va ben.
J’ai mon compte
en banque dans l’pays voisin. Yé pas plein, yé pas loin. T’en a qui s’lamente,
mais moé j’leux dois rien.
Ça va bien. Au Québec il pleut
des dollars comme jamais. Nathalie Normandeau, vice-première-ministre du Parti
libéral du Québec (PLQ) et ministre des Ressources naturelles, parle même d’un
investissement de 50 G$ dans le domaine énergétique, dont voici quelques
exemples:
·
303 M$ dans
l’exploitation de pétrole et de gaz naturel.
·
20 G$ pour la
construction du barrage la Romaine.
·
1,7 G$ dans la
réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2.
Ajoutons à la liste le projet d’une
ligne de transport d’électricité proposé par la firme torontoise Transmission
Developers: 540 km de câbles enfouis entre La Prairie et la
ville de New York. Plus au nord: des gisements d’uraniums «les moins
dispendieux à exploiter sur le globe», selon Gregg J. Sedun, CEO d’Uracan, une
minière fondée en 2006.
Uracan
et le SISUR
Ça va bien.
Gregg J.
Sedun est le CEO d’Uracan, une minière fondée en 2006. À ses côtés s’érige Yvan
Loubier. Cet économiste décrit comme le chef présagé du PQ, cofondateur du Bloc
Québécois avec Lucien Bouchard et député sans reproches de 1993 à 2007, fait de
son mieux pour louanger Uracan et les vertus de l’uranium à la population de la
Côte-Nord.
Lors d’une
entrevue réalisée pour
CILE FM (Havre-St-Pierre),
Yvan Bourbier a affirmé qu’Uracan, la «bonne société corporative», prévoit
étaler ses activités sur 30 sites et créer de «400 à 500 emplois de haut
niveau» sur les «1,000 km carrés» qu’elle possède. Il ajoute que le
précieux métal est d’une importance capitale pour «détecter et traiter des
cancers, l’irradiation des aliments […] et la déstalinisation de l’eau». Pour
ceux qui craignent les effets des radiations sur la santé et l’environnement,
il précise que l’uranium ne provoque «aucun effet de serre» et que l’extraction
se fera «en respectant les normes environnementales très élevées dans le
secteur uranifère». Bref, en «Saskatchewan», malgré une extraction d’uranium
débutée il y a plus de 60 ans, il n’y a «pas plus de gens malades (…) qu’ailleurs».
Ça va bien. Pour informer la population de la bonne nouvelle, Yvan Loubier a invité des journalistes à une visite guidée d’un site d’Uracan se donnant le 16 juin dernier. Malheureusement, un trouble-fête a voulu «s’imposer». Son nom est Marc Fafard. Comme il ne représente aucun média, sa demande fut refusée. Bravo! Fafard n’est que le porte-parole de Sept-Îles sans uranium (SISUR), une petite association qui lutte contre l’exploitation de gisements d’uranium sur la Côte-Nord. Et malgré le travail honnête d’Olivier Noël aux communications du SISUR, selon Yvan Loubier, Fafard serait «impolie, agressif», ferait «preuve d’arrogance» et véhiculerait des «arguments erronés».

À mon avis, l’anarchiste de Sept-Îles
mérite ces qualificatifs. Il déclare qu’Uracan tenterait de manipuler l’opinion
publique en organisant les visites pour mieux blanchir son image. Sur le site
du SISUR (www.sisur.ca), il ose cette fois entacher la réputation de
l’entreprise en affirmant qu’elle se serait installée sur un lieu
d’exploitation au nord d’Aquanish, sans permis ni autorisation. Il ajoute qu’Uracan aurait détruit un
aménagement paysagé servant de terrain de jeu pour les jeunes de la région.
Mais encore, il précise qu’il aurait tenté, avec le député du Bloc québécois
Gérald Asselin, de louer un hélicoptère de Héli-Hexcel pour visiter un site.
Refus. L’unique transporteur qui dessert le territoire serait au service
d’Uracan. Enfin, même si ça va bien en Saskatchewan, selon un texte de Boucane,
ça pourrait aller mieux en Ontario. La région de Eliot Lake, la «capitale de
l’uranium», serait polluée par «160 millions de tonnes de déchets toxiques»,
comprenant une «quantité significative d’isotopes radioactifs», des «résidus»
de «minéraux sulfurés qui produisent des acides lorsqu’ils sont exposés à l’air
et à l’eau simultanément […] du thorium et du radium dont la solubilité
s’accroît lorsqu’ils sont exposés à des conditions acides».
Désolé pour Boucane, Fafard et le
SISUR, mais Charest, Harper et Sarkozy, pour ne nommer que ces trois grands
politiciens, répètent, à ceux qui peuvent entendre, que l’uranium est propre et
sans danger. Encore désolé. Il faut se complaire dans le confort de
l’indifférence pour douter de notre démocratie. Je ne peux croire que Gérald
Asselin, député démocratiquement élu, n’a pu accéder au site d’exploitations
d’une entreprise qui agirait sans permis.
Enfin, j’ajoute que si Richard Martineau communique, mon devoir est d’en
faire autant. J’ai donc téléphoné à Marc Fafard (MF). Voici l’intégral de notre
conversation:
ML- Bonjour monsieur Fafard. J’ai des
questions concernant l’uranium et Uracan.
MF- Mauvais numéro.
ML- Mauvais… C’est bien le
418-927-2528?
MF- Non, ici c’est le 2525…
ML- Monsieur Fafard, je connais le
truc. N’essayez pas d’éviter mes
questions en me faisant croire que je suis à la mauvaise place.
MF- Hey le con…
ML- Je répète ma question… (Fafard
raccroche)
Fafard refuse-t-il de répondre aux
questions d’un journaliste? Je le crois. Richard Martineau le croirait aussi.
En fait, nous sommes pareils. Disons presque… Moi ma blonde n’est pas Sophie
Durocher du Ici, mais Sabrina, une Italienne gauchiste qui connaît l’art
de me priver des plaisirs de la vie, lorsque je déroge de «l’intégrité
intellectuelle», comme elle dit. Je me dis donc que si Richard fait des
concessions, je dois en faire aussi, même si le coeur n’y est pas.
De l’autre côté
Il est vrai que le gouvernement
Patapouf ne semble pas apprécier le SISUR. Il aurait aussi certainement préféré
éviter de se mouiller dans le litige de l’uranium provoqué par la démission, en
novembre 2008, de 34 médecins du Centre de Santé et des Services sociaux de
Sept-Îles opposés au projet d’exploitation par la minière Terra Ventura. J’avoue aussi que Québec montre des
signes distincts d’arrogance et de mépris de la démocratie en se contentant de
suggérer au SISUR de communiquer avec la Commission de l’accès à l’information
pour répondre à des questions d’intérêts publics concernant l’exploitation
d’uranium. Enfin, la proximité entre Harper et Charest dans le dossier emprunte
la route de cette pensée totalitaire décriée dans
Le Livre amer.
Nous avons en exemple cet extrait du
discours du Trône du 3 mars 2010 de Stephen Harper, prononcé à la suite de six
semaines de prorogation extrait d’un texte de François Desjardins paru dans Le
Devoir du 4 mars dernier:
Le gouvernement veillera à ce qu’aucun
règlement inutile ne nuise à la croissance économique de l’industrie canadienne
d’extraction minière d’uranium en soumettant indûment l’investissement étranger
à des restrictions.
Nous pouvons aussi questionner le
silence qui suit la visite journalistique du 16 juin des installations
d’Uracan. Aucun écho, même si nous sommes tous collectivement touchés par le
Plan du Nord du PLQ. Ajoutons cette information: Yvon Loubier travaille pour la
firme de relation publique National. Telle une
araignée, National aime bien vider la sève de nos souvenirs pour les rendre de
plus en plus friables au point de ne plus oser nous les rappeler par peur
qu’ils ne se changent en poussière. Pourtant, nous devons nous souvenir qu’en l’an
2000 La Presse et le Ici ont pondu, presque simultanément, des
textes sur la chaîne de restaurant Mc Donald, tellement élogieux que l’encre
avait une odeur de propagande. La raison? National devait laver la réputation
de son client Mc Donald à la suite de réactions cavalières du restaurant de la
rue Peel (Montréal) face aux tentatives de syndicalisation de 45 employés.
Loubier aimerait-il utiliser le quatrième pouvoir pour son client
Uracan? En 2010, l’exploitation d’uranium devrait assurément bénéficier d’un
traitement plus onéreux qu’un restaurant voulant se syndiquer, particulièrement
lorsque nous constatons l’implication d’un gouvernement qui ne se prive d’aucun
moyen pour vendre ses projets ésotériques. Aujourd’hui plus qu’hier, nous
devrions trouver dans le paysage des gens qui savent exercer des pressions sur
l’État pour qu’il modifie des lois, allège certaines restrictions ou complique
l’accès à l’information. Nous pouvons de même imaginer que ce désengagement de
l’État (néolibéral) devrait évoluer vers une remise en question du droit de
parole quand il ne sert pas les intérêts de groupes, industries et actionnaires
d’entreprises se côtoyant dans des réseaux de camaraderie.
Cela dit, ajoutons que lorsque nous lorgnons du côté du
développement du Nord, notre seule façon de discerner les relationnistes de la
ministre Nathalie Normandeau et du serviteur de National Yvan Loubier est de
dire ce qu’ils taisent. À cette fin, je me permets d’ajouter cet extrait du roman apocalyptique en deux tomes La Faim de la
Terre de Jean-Jacques Pelletier:
l’Alliance libérale du Québec
subventionne ses amis pour qu’ils achètent le Québec à la pièce. Et le reste,
le premier ministre les vend à rabais aux étrangers!...
Pour l’économiste Léo-Paul Lauzon, la réalité
semble dépasser la fiction. Dans Dormez-vous au gaz paru dans le Métro
du 8 juillet 2010, il écrit que des droits d’exploitations gaziers et
pétroliers ont été donnés à des amis du PLQ qui ont eu la bonne idée de
les léguer à des «firmes étrangères». Comble de l’arnaque collective, ces
compagnies reçoivent aujourd’hui des subventions de l’État, sans obligations
pécuniaires. Et pendant que le gouvernement affirme que le développement
durable serait demandé par les citoyens, dans Le Devoir du 29 et 30
juillet, Louis Hamelin nous informe que les Innus de Matimekosh bloquent depuis
le 11 juin le chemin aux minières Labrador Iron Mines et New Millenium pour
riposter à une exploitation du sol sans leur consentement. L’économie d’abord?
80 % des retombées économiques iront du côté terre-neuvien. Et si la tendance se maintient, les emplois
les mieux rémunérés du Plan du Nord seront pour les travailleurs étrangers
alors que ceux occupés par la main d’œuvre québécoise comporteront plus de
risques pour la santé, comme dans ce bon vieux Québec d’avant la Révolution
tranquille. Mais encore, le Plan du Nord fera assurément grimper les prix des
propriétés et les taxes des régions touchées, au point de forcer, comme nous
l’observons au Sud, la délocalisation de ceux qui ne peuvent plus payer. Où
iront ces gens? Quelque part sur les 50 % des territoires livrés aux
activités industrielles, abandonnés par les spéculateurs ou simplement
contaminés.
Le syndrome de l’hôpital
Quand le peuple qui paye te traite de crétin
écrit Fortin dans Canayens. Pour moi, ces mots expriment le syndrome de
l’hôpital lorsque nous les lions à la politique. J’explique. Le Plan du Nord,
comme tout ce que touche le PLQ, est géré comme un hôpital. Urgence! Des gens
veulent connaître les détails du Plan. Ils doivent attendre. S’ils s’offusquent
des délais trop longs, le bon gouvernement décide alors de les épuiser de sa
lourdeur administrative et législative, comme il le fait avec les infirmières
et médecins. Au mieux, il exploite la grogne populaire pour enrichir d’études,
d’analyses et de sommets une élite aristocratique dégénérative. Et une fois que
l’argent sort de nos poches pour disparaître dans le réseau, nous découvrons
que l’urgence s’est transformée en mouroir sous le regard enjoué d’une clique
politique inféodée à des idéologies mortuaires.
Mais encore, nous ne pouvons parler de ce mal sans traiter de
l’aile psychiatrique. Elle ressemble à celle du Royal Victoria des années 50 et
60. Une institution reconnue pour avoir participé aux expériences de
manipulations psychiques du programme
MK-ULTRA de la CIA avec le soutien
financier (PPP) du gouvernement canayen.
Je n’ose me demander si l’expérience continue. Si la consommation
toujours croissante de Ritalin (un record) ou autres substances répondent à un
besoin de manipuler les Québécois. J’ose encore moins présumer que des
manipulateurs s’offriraient une technologie spatiale de pointe pour imposer des
idées à notre inconscient lors de notre sommeil. Je crois seulement que les
thérapies chimiques qui s’étendent sur le Québec facilitent l’endoctrinement de
la population.
Nous
reviendrons sur le dossier un jour. Maintenant ce qui importe est notre visite
de l’aile de chirurgie plastique gérée par le privé (PPP). Ainsi, quand ça
va moins, nous visitons notre directeur de banque pour lui chanter du Fred
Fortin. J’ai besoin d’un prêt, car
ma femme m’en r’demande pour grossir ses
seins. Sont moyens, est pas ben. A s’fie su Fernande. La femme à Poulin. Wayne
Poulin.
Le CHUM est gros. Les seins de la Belle province sont gros. Ils
doivent offrir beaucoup de plaisir à ceux qui lui montent dessus. L’État
poufiasse de Patapouf est gros. Il est devenu le territoire le plus invitant de
la planète pour les minières. Le Plan du Nord est gros. Les emprunts sont aussi
gros. La dette de la Belle grimpe plus que jamais sous le règne de Jean
Charest, au point de profiter à des amis qui veulent que nous renoncions à des
services et biens. Le budget 2010-11, encensé par Loubier, pave cette route en
provoquant un appauvrissement de la classe moyenne et défavorisée qui devrait
toucher les bases fragiles de l’économie, plus précisément la locale. Il
devient ainsi le verre d’eau pour avaler la pilule de la mise aux enchères
d’Hydro-Québec et l’exportation d’eau distribuée par de prétendus spécialistes
de l’Institut économique de Montréal (IEDM).
Alors que les
tribunes médiatiques ne manquent pas pour nous rappeler les rêves des patients
de l’IEDM au détriment de la vision plus claire et concrète de
l’Institut de recherche en économie
contemporaine (IRÉC), le
vide se dresse devant nous lorsque vient le temps de connaître les montants
d’argent empruntés de banques étasuniennes pour le Nord. Pourquoi? Si Québec
avait de la difficulté à rembourser la facture de la chirurgie, il pourrait
être forcé de léguer des biens à ses créanciers.
Une mauvaise gestion des fonds publics? Je préfère parler d’un
«complot». L’IEDM partage les mêmes ambitions que la CIA. Aujourd’hui, l’agence
de renseignement prévoit non seulement que les États-Unis devront léguer une
partie de la planète à l’Inde et la Chine d’ici 2025, mais qu’elle devra
redoubler d’ardeur pour acquérir de l’énergie et de l’eau. La CIA a-t-elle le
Québec dans sa mire? Nous pouvons le croire lorsque nous voyons un noyau
d’entreprises privées se former autour du PLQ pour faciliter la tâche de la
CIA. Pour expliquer mon raisonnement quelque peu précipité, revenons à Nathalie
Normendeau. Lors de son annonce du 27 juillet 2010
concernant l’utilisation d’hydroéoliennes dans le fleuve St-Laurent de Montréal
(elle est accompagnée par Imad Amad de RSW), l’Association québécoise de la
production d’énergie renouvelable (AQPER) s’est levée pour encenser le projet
et faire contre poids à Greenpeace. L’AQPER possède un conseil d’administration
impressionnant provenant de Boralex, d’Innergex et de Northland Power.
L’association semble aussi privilégier le réseau du PLQ où se retrouve General
Electric (GE) dans le dossier des éoliennes. Depuis plusieurs années des
échanges de personnels et d’actions se font entre GE et un fond
d’investissement très près de la CIA. Il s’agit du groupe Carlyle. Ce dernier
partage aussi des avoirs avec Blackstone. Cette banque d’investissement, créée
en 1985, aurait sa chaise entre les services secrets étasuniens et la famille
Rockefeller. Mais encore, Blackstone finance la firme torontoise Transmission
Developers vue auparavant. Terminons par ce détail: une part importante des
entreprises dont nous retrouvons des membres dans le CA de l’AQPER ont des
anciens employés qui travaillent pour le conseiller juridique Mc Carthy
Tétreault, dont Phillipe Fortier, ancien employé de Blackstone (DJO LLC,
produits médicaux) et d’Innergex.
Bien sûr, nous pouvons parcourir des pages de noms et de liens
pour conclure que le Québec est petit. Moi je préfère m’inquiéter de l’effet de
ces accointances sur notre démocratie et souveraineté territoriale. Pour excuser
ma réaction, je dois préciser que vers la fin de 1992 une connaissance
qualifiait Blackstone de coterie initiatique… ayant l’autorisation du
gouvernement Mulroney pour installer, dans l’édifice de Bell Canada de
Montréal, un système sophistiqué d’écoute téléphonique fonctionnant à la
fibre optique afin de dresser la liste d’individus indésirables, à l’aide de
mots clés. Dans le public, cette technologie est devenue par la suite le
système de reconnaissance vocale du service 411. En 2010, nous pouvons croire
que Homeland Security (l’autorité qui a validé le permis de conduire Plus lancé
par Charest en juillet 2008) et ECHELON (réseau d’espionnage des
télécommunications planétaires) accèdent nécessairement aux données de ce
système, sans que nous puissions connaître les utilisations futures de cette
«liste d’individus indésirables». Enfin, en 2010 Brian Mulroney sert les
intérêts de Blackstone au Canada.
Survivance
Ces ramifications laissent l’impression que le Québec est condamné
à adhérer à un ordre économique mondial exigeant un accès aux biens publics,
une présence accrue de médias propagandistes et une plus grande coopération
entre les services de renseignements canayens et étasuniens. Ce que nous
n’osons ajouter à la liste est une ethnicisation des francophones qui
répondrait à l’idéologie anglo-saxonne de la race et de la nation (Le Livre
amer).
Pour aborder le sujet, revenons à Canayens. Sur la toile, nous pouvons faire
connaissance avec un type anonyme qui critique l’œuvre de Fortin dans un
texte écrit quelques jours après le 11
septembre 2001 (www.adequacy.org/public/stories/2001.9.15.164358.717.html).
Chacun a droit à ses goûts. Par contre, j’ai plus de difficulté avec les
anonymes qui profitent de l’occasion pour associer les francophones à des
homosexuelles et les inviter à se tuer. J’accepte aussi difficilement le fait
que l’hôpital de Patapouf ne soigne pas la fermeture d’esprit. Il ne fait que
transformer l’urgence de l’intervention musclée pour protéger la culture et la
langue du Québec en vivoir pour des gens qui refusent le Québec, au point de le
mépriser. J’ose ajouter que le
Plan du Nord du PLQ servira certainement de cheval de Troie pour
implanter des colonies d’anglophones qui exigeront que la Belle parle l’anglais
pour qu’ils puissent plus facilement atteindre l’orgasme lorsqu’ils parcourent
son entrecuisse.
Les racines de la Belle sont-elles assez fortes
pour envoyer paître son client? Dans La Faim de la Terre un personnage traite de la «valeur adaptative
d’une culture» en affirmant qu’elles n’ont pas «toutes la même valeur» et que
«nos moyens d’adaptation (…) peuvent même devenir anti-adaptatifs». Il termine
avec ces mots:
Voyez-vous. La culture qui m’inquiète le plus n’est pas la
propriété de quelques races que ce soit, c’est la culture occidentale.
Particulièrement dans sa forme nord-américaine qui est en train de se répandre
sur l’ensemble de la planète.
L’Amérique brille dans le pur esprit des délires
de magie noire d’Antonin Artaud (1896-1948). Une exploitation à outrance
des ressources naturelles s’impose pendant qu’un modèle commercial poussé au
sommet du ridicule menace la survie de l’espèce humaine. L’Amérique transforme
aussi les élus en des serviteurs de firmes de relations publiques afin de
convertir la population à cet illogisme financier qui multiplie l’argent, sans
s’occuper des maux que cela provoque. Plus que jamais, en 2010 le Québec démontre que ses deux
pieds reposent solidement sur les bases économiques de son colonisateur. Des
enveloppes brunes pour la caisse du PLQ. Des exploitations minières sans
scrupules. Pour les gens ordinaires, c’est tout ce qui permet de boucler son
budget: l’hypothèque sur un condo, les taxes trop élevées, les droits de plus
en plus onéreux pour se divertir devant la télévision, la Toile ou son
cellulaire.
Lorsque nous traitons de culture, nous devons aussi accepter de
discuter de l’héritage religieux. L’argent s’accumule plus facilement dans les
sacoches des personnes soumises au legs protestant.
Au Québec cette fois, l’héritage catholique a longtemps fait craindre l’argent
mal gagné. L’argent qui tue, détruit, divise et corrompt. Mais encore, l’économie liée au patrimoine
protestant a souvent reflété des vielles luttes contre les papistes
catholiques, au point de dire que les menaces post-11-Septembre perpétrées à la
France de Chirac, ancienne fille de l’Église, par le fondamentaliste W. Bush
étaient le sceau d’un vieux conflit religieux et économique qui a précédé la
conquête de 1759.
S’il veut foncer vers l’avenir, le Québec doit-il
renoncer à son passé et opter pour le patrimoine protestant? Nous devons
comprendre que l’héritage catholique québécois porte aussi le flambeau de la
sociale démocratie nord-américaine qui permet de lutter collectivement contre
les maux du mondialisme et du néolibéralisme. Malheureusement, en 2010, cette
option politique agonise.
Nous
pourrions même présumer qu’elle est assassinée par une gestion qui vise un affaiblissement
du Québec, par entre autres, la destruction des acquis de la Révolution
tranquille, dont la Caisse de dépôt. Et pendant que nous savons qu’une
partie du Québec, plus précisément les
régions, croit que le poids de l’argent pèse moins que celui de
l’environnement, de la famille, des amis et de la vie, nous devons nous demander
quelle solution serait l’idéal pour nous faire accepter le Plan du Nord, sans
provoquer de vives réactions. Il faut simplement laisser les choses comme elles
vont et accepter qu’avoir pour PM Jean Charest nous démontre plus que jamais
que nous sommes une colonie britannique soumise au marché anglo-saxon par les
revers du mondialisme. Nous devons aussi comprendre que la mondialisation s’est
construite sur une alliance entre le commerce et l’État. En exemple, la
Compagnie anglaise des Indes orientales (1609-1874), le plus influent réseau
commercial de l’époque, a joué avec la
politique internationale par entre autres son implication dans la guerre
d’indépendance américaine (Boston Tea Party).
Ce commerce a aussi
passablement orientalisé l’occident au point que le mondialisme actuel relève
d’une quasi-mission mystique dont l’objectif serait un nouvel ordre économique
plus hindouiste que protestant. Pour y arriver, le dieu Shiva (nous faisons
référence ici uniquement au principe
destructeur) se matérialise avec ses quatre bras. Récitons notre mantra: ça
va bien. Produisons. Tenons le poupon d’une main, le volant de l’autre, un
café de la troisième et ajustons la fréquence de la radio avec la quatrième. Ça
va bien. Travaillons. Engrangeons plus d’argent et fouillons dans nos
poches pour payer notre droit de plus en plus onéreux à la propriété, à la
nourriture et à l’accès à la garderie. Patapouf? Il a maintenant deux mains sur
le volant. Deux autres libres pour répondre aux accusations de corruption et de
mensonges. Et lorsque Shiva-Charest utilise ses quatre mains pour réagir aux
allégations très sérieuses de son ancien ministre Marc Bellemare. Plus il
parle, plus ses mains bougent et plus il nous fait penser à un mignon italien.
La raison? On dit que les Italiens s’expriment avec leurs mains. Shiva-Charest
est aussi végétarien. Les piments, poireaux, concombres et endives sont
omniprésents autour de lui. J’ai même vu une poire inscrite dans le visage de
Tony Tomassi, son ancien ministre de la famille éclaboussé par une histoire de
carte de crédit aux frais de l’entreprise BCIA. Enfin, Jean-Patapouf offre des
offrandes à Shiva: la chair et le territoire du Québec. Un peu plus… Jean
exporte de l’amiante chrysotile vers l’Inde. Don incontournable. Don sacré.
Malgré une lettre de contestation de scientifiques de 28 pays, accusant
l’amiante d’être un danger pour la santé, Patapouf a exprimé son refus de
mettre fin à ce don à l’Inde, lors du Sommet de Davos de janvier 2010. Bravo
Jean! Ne te laisse pas manipuler par quelques savants qui ne connaissent rien à
l’hindouisme et aux réseaux économiques.
Jean peut maintenant faire aller ses quatre bras pour puiser dans
nos poches. Nous rappeler que l’Inde est une puissance nucléaire, que le
réacteur CANDU produit du plutonium et du tritium apte pour l’utilisation
militaire. Shiva-Charest peut aussi cacher ses quatre bras derrière son dos, en
frappant le
sol de ses pieds, pour mimer l’impatient devant les gens qui
critiquent son inertie et sa politique du secret dans le dossier de l’extraction d’uranium. Il pourra bientôt pointer le
Nord de ses quatre index pour montrer l’emplacement du site d’enfouissement canayen des déchets
nucléaires.
Espère-t-il des mutations radioactives qui provoqueraient la
croissance de deux autres bras? Six bras pour produire plus. Six bras pour
payer plus. Six bras! N’est-ce pas un moyen de reléguer le Québec au rang d’une
colonie d’insectes asservie à l’Empire? Comme les gens de la Côte-Nord ont déjà
assez de mouches par mètre cube, SISUR a décidé de manifester devant le
Parlement de Shiva à Québec, le mercredi 18 août prochain à midi. Vous êtes invités, même si vous n’êtes pas
journaliste.