les maux
par
Marc Huber
(version du 10
décembre 2010)
Des ours, marmottes et moufettes sont entrés d’un long
sommeil. L’Apocalypse des animaux débute. L’hiver impose ses maux et des mots
se multiplient alors que le temps nous use et que le vent balaie nos croyances
en transportant la poussière des complots sous le bruit des soufflements de
notre apathie généralisée qui précède notre résignation mystique.
Réveillons-nous! Des humains sont sacrifiés. Regardons autour de nous. Les
soubresauts de la nature et les initiatives de nos gouvernements inspirent la
révolte. Retenons notre rogne et joignons le Parti des pacifistes qui pissent.
Le vent de la
résignation mystique souffle sur notre monde
La théorie du
complot excuse-t-elle notre apathie ?
Joignez le PPP pour honorer nos amis les moufettes
En 2009, alors que je méditais sur les relations que
nous entretenons avec les animaux, je décidais de baptiser la conclusion du Livre
amer de ce titre: l’Apocalypse des animaux. Nous ne pouvons les ignorer
car ces charmantes bêtes remplissent nos assiettes, nous aident dans nos
travaux, servent à des expériences et études scientifiques tout en nous apportant
un peu de bonheur. Des créateurs de bandes dessinées et de films d’animation
les ont même humanisées en les transformant en de sympathiques créatures dotées
du don de la parole, des créatures aux discours souvent plus probant que ceux de
nos dirigeants. Dès le XVIe siècle, ils expriment même des critiques
peu flatteuses de la monarchie par la plume de Jean de la Fontaine qui transformait
le roi Louis XVI en rat.
Lorsque nous traitons de l’apocalypse des animaux c’est surtout pour
souligner que les animaux nous accompagnent dans le déclin de notre «civilisation».moderne
en nous questionnant sur certains revers du progrès. Pollutions, problèmes environnementaux et climatiques? Ce
que nous traitons moins est l’animalisation de l’humanité. Dans notre monde
moderne, des humains se vendent de plus en plus aux enchères. Des organes humains
se trafiquent comme de la viande. Des expériences se font pendant qu’on exige
une augmentation de la production et de la contribution monétaire, comme
on le fait avec les vaches, les cochons et les poulets. Animaux génétiquement
modifiés et viande de clones! Le rêve d’un humain mieux adapté au milieu
industriel germe dans les laboratoires de la biogénétique pendant que les
premières applications de cette science servent actuellement la performance
athlétique. Et pendant que notre environnement se détériore au point que nous
pourrions voire prochainement des millions d’individus s’exiler pour survivre, des
ours, des élans et des loups se vêts de leurs peaux de mendiants et s’approchent
des centres urbains pour calmer leur faim. Le chaos a atteint leur monde, au
point qu’ils n’ont plus le choix de nous
demander l’aumône.
Les animaux sont comme nous. Ils se confrontent aux marques de notre civilisation:
des molécules brevetées, hydrocarbures et radiations polluant leur chair comme
un baptême corporatiste de bienvenue dans cette merveilleuse ère industrielle
qui fabriquent, à la chaîne, les objets que nous devons consommer pour faire
rouler l’économie. Dans ce monde, nous n’allons pas bien. L’organisation sociale
et économique à laquelle nous nous soumettons se transforme en un désordre
mondial, un progrès qui s’avère la cause d’embourgeoisements, d’isolations et
de marginalisations. Pour conséquence, nous sommes de plus en plus nombreux à
nous livrer à des rituels de productivité et de quêtes de pouvoir. Nous
devenons des bêtes domestiques dont l’émancipation repose sur la distribution
de fluides magnétiques provenant d’une numérisation de la nature. Des sons,
images, mouvements et réactions que nous reproduisons par des machines. L’’analogique
ondulatoire rond et agréable de la nature et de la vie que nous transformons en
ondes carrées (numérique) pour alimenter les transistors des microprocesseurs.
Les formes rectilignes de nos immeubles et
rues qui construisent nos cités, en dévorant les courbes de la nature.
Et lorsque nous découvrons la réalité derrière l’illusion, c’est
généralement pour observer la misère parcourant nos villes comme des animaux abandonnés.
Elle est ici et nous observe. Nous pouvons même affirmer que notre très cher état
québécois a trouvé, dans son budget 2010-11, la bonne méthode pour lui offrir
des sacrifices. Aura-t-il l’idée géniale d’utiliser des fléchettes à sédatifs
pour réinsérer les misérables dans leurs milieux naturels, comme ils le font
avec les animaux? Le problème est celui-ci: ces gens sont chez eux alors que le
gouvernement travaille pour étendre les pouvoirs de conglomérats étrangers
ici.
La Donation et
Antichrist
Cela dit, je dois préciser qu’en novembre 2009,j’ai vu La Donation
du Québécois Bernard Émond. Dans cette production cinématographique, un message
s’impose: la solution à nos maux se retrouverait dans
le don de soi, un thème
exposé dans Le Livre amer qui se traduit par
l’art de se sacrifier pour éviter le sacrifice de l’autre.
À la même époque, j’ai assisté à une présentation d’Antichrist du
Danois Lars Von Trier, un film qui nous plonge dans le désespoir d’une femme
subissant la mort de son jeune enfant dont l’état psychologique oblige son mari
à devenir son thérapeute.
Autour du don, le silence s’impose. Dans La Donation, les humains
trépassent sans le moindre bruit. Seule l’âme éclaire de sa lumière le regard
des acteurs, dont celui d’une médecin qui tient un enfant dans ses mains avant
que le rideau se ferme sur l’espoir que le don continuera. Dans Antichrist,
c’est cette fois la mort silencieuse du bambin qui devient une occasion pour
exprimer le don de soi.
Ce silence nous pousse à méditer nos relations avec l’autre. À sa plus
simple expression, nous pouvons dire qu’il y a deux façons de gérer notre
monde:
1.
Laisser le
bruit prendre sa place et le cri de l’autre vibrer dans notre être pour que
nous puissions questionner sévèrement notre société dans l’espoir d’opérer des
changements rapides.
2.
Étouffer les
bruits, voire sacrifier celui qui l’émet afin de continuer notre course sur
l’autoroute d’une civilisation de plus en plus austère.
Le problème n’est pas le choix que nous faisons, mais cette tendance que
nous avons à nous prononcer pour l’un ou l’autre en évitant de dénoncer nos
inconséquences.
Qui est l’être en nous que nous n’osons aborder? Revenons aux animaux. Sont-ils pour nous des substituts à
l’humain, des êtres vivants que nous contemplons pour éviter le regard de nos
semblables, des créatures qui doivent se plier à nos besoins ou le prétexte du
don de soi?
Malgré une nature omniprésente, les animaux sont absents de l’œuvre de
Émond. C’est comme s’il voulait éviter de transposer le don à l’humain vers
l’animal. Dans l’œuvre de Von Trier, l’action se situe dans une forêt
inquiétante hantée par trois animaux: un corbeau, un cerf n’ayant jamais
terminé l’expulsion de son petit et un renard qui parle de chaos.
Les deux oeuvres expriment aussi différemment l’humanisme. Pour Bernard
Émond, le centre d’intérêt reste l’humain. Von Trier le projette dans trois
bêtes campant trois mendiants qui nous invitent à donner à la nature.
Certains pourraient interpréter les images d’Antichrist par un
besoin pressant d’agir au nom de la planète et de son écosystème. Nous devons assurément prendre conscience des
maux qui menacent notre environnement et agir en conséquence. Cela doit-il pour
autant nous donner le droit de sévir contre ceux qui n’adopteraient pas la
bonne solution? Mais encore, qui sont ces
gens? Des bruyants qui manifestent contre le sacrifice des plus faibles, les
rencontres du G20 ou ceux qui honorent
le courage du bourreau et la force de l’agent?
Avant de changer le monde, commençons par nous changer dans l’espoir de
modifier la cause de nos maux. La démocratie canadienne, comme nous la
connaissons et l’acceptons (plus ou moins 30 % des votes pour le
gouvernement majoritaire de Jean Charest) est un jeu de sacrifices humains qui
privilégie une caste de bouffons de l’économie mondiale qui se branlent sur le
trône du népotisme royal.
Est-ce sain d’accepter les enjeux? Bernard Émond nous répondrait
peut-être que pour soigner nos maux, nous devrions nous donner sans retenue à
l’amélioration du modèle politique. Pour Lars Von Trier, le ton semble plus
grave à cause de la présence d’animaux. Dans Antichrist, les messagers
de l’Apocalypse annoncent l’exécution d’une sombre alliance satanique qui doit
se conclure par la mort d’un des deux personnages.
J’aime les animaux pour ces raisons: ils ne peuvent mentir et se
prosterner devant l’argent. Je sais aussi que cet amour qui nous pousse à les
humaniser cache parfois un désintéressement à la cause de nos semblables. Un
ours affamé qui parcourt les rues d’une ville ne devrait pas nous faire oublier
les gens malfamés qui occupent le même espace. En ce sens, nous pouvons dire
que le comportement des animaux nous place devant notre refus de la proximité
comme pour ne pas entendre le bruit d’ici. L’exemple qui me vient est cette
tendance à traiter de maux de pays étrangers, pendant que nous oublions de nous
engager pour des problèmes d’ici. Des confortables pétitions et manifestations
pour des Amazoniens, Palestiniens,
femmes afghanes, pendant que nous acceptons collectivement que des gens
attendent plus de 16 heures dans des hôpitaux à quelques centaines de mètres de
notre résidence, parfois au point de décéder dans la salle d’attente. Parler
d’environnement pour l’ailleurs lointain, alors que notre bon gouvernement
provincial (Québec), sort 1,7 G$ pour remettre la centrale nucléaire
Gentilly II… Pas un mot sur le ridicule gouvernement vert de Jean Charest qui
traite de diminution des GES pendant qu’il se prépare à augmenter la quantité
de déchets radio-actifs qui sera, à moins que mon instinct ne me trompe,
enfouie dans le sous-sol du Grand-Nord québécois. Des déchets sur le territoire de
grands silencieux ayant
peu d’espace médiatique pour exprimer les bruits du sacrifiés ; des
animaux sauvages, des Québécois et des… Amérindiens.
Cette tendance à critiquer ce qui se passe ailleurs au point de refuser
ce qui nous tue ici, repose assurément sur une tendance à admettre que
l’Apocalypse soit une occasion pour nous demander de choisir entre l’animal et
l’humain. Qui passe et qui reste? La logique nous répond froidement que pour
éviter le pire il faudrait diminuer le nombre d’humains, voire provoquer une
crise sociale et alimentaire.
En 2010, nous retrouvons enfin des manifestations pour un ici meilleur,
ce que j’interprète non seulement comme un refus de sacrifier les plus faibles,
mais une lassitude de se sacrifier pour les plus forts qui fréquentent la cour
des gouvernements pour de l’argent. Le Québec se réveille. Sommes-nous devenus
d’un genre bruyant, de ceux qui affirment leur droit de parole en émettant des
sons discordants? Le 13 septembre 2009, lors d’une courte conversation avec des
membres du groupe
Jelly Fiche, j’en arrive
à affirmer que la musique devrait plus que jamais porter le bruit des hommes
pour cette raison: notre société a acquis une expérience impressionnante dans
l’art d’étouffer les sons de l’agonie.
Pour remplir nos assiettes, plusieurs millions d’animaux sont tués, sans
le moindre bruit. Comme eux, nous mourrons silencieusement. Et lorsque nous
manifestons en laissant jaillir les cris d’une mort lente nuisant aux dogmes du
mondialisme, à l’anglicisation du Québec et à la destruction des acquis de la
Révolution tranquille, nous devenons des spécimens à placer dans la boîte des
bourriques à enterrer vivant. Si c’est un artiste qui exprime la douleur de la
mort par ses œuvres, s’orchestre alors le désintéressement général pour lui voler
la vedette, l’hymne de la cacophonie pour élever le chaos à son plus haut
niveau.
En fait, nous n’avons rien contre le bruit. Nous avons même accepté
l’idée qu’il soit associé à des forces auxquelles nous devons nous plier:
canons des armées, sirènes des ambulanciers et policiers.
Ce que nous n’aimons pas est le bruit de mots qui dévoilent
des maux. Les humains vocifèrent, insultent,
tourmentent et inquiètent de leurs paroles. Et lorsqu’ils s’attroupent pour
dénoncer des injustices, nous comprenons généralement le message sans recourir
à des spécialistes. Pour les animaux, leurs cris ne peuvent qu’interpeller
notre intelligence émotive ou ce qu’il en reste. Et lorsqu’ils se retrouvent
dans nos villes, comme des mendiants, ils offrent aux spécialistes du
comportement animal l’opportunité de traduire leurs bruits par des petites
souffrances sans importances, comme nous la faisons avec les démunis.
Je ne suis pas ici pour juger si un cerf qui traverse une rue de Montréal
serait gravement atteint par nos maux ou simplement en balade entre deux repas,
mais pour demander ce qui arriverait si notre société décidait de ne plus
étouffer les bruits de la vie. Nous découvririons sans doute que la solution
est le don de soi de La Donation de Bernard Émond. Donner pour atténuer
la souffrance. Donner pour confronter la société de silence dans laquelle nous
vivons, celle qui nous transforme en des animaux domestiques. Nous n’en sommes
pas là. Nous acceptons plutôt de devenir des animaux. Après les vaccins annuels
et les puces électroniques pour nos charmants compagnons, voici notre tour. Le
GPS pour remplacer la médaille matriculée du chien. Un Paget et un téléphone
portable pour la laisse! Une puce électronique pour acheter et traverser les
douanes américaines. Et pourquoi? Pour nous soumettre à un système comme un
chien se soumet à son maître.
Posons cette autre question: qu’elle est l’avenir que nous risquons
d’avoir si nous refusons le don de soi? Nous devenons alors les messagers du
chaos de Lars Von Trier qui dictent des sacrifices humains propres au satanisme
abordé dans Antichrist; des bourreaux au service de coteries telles
l’Institut Économique de Montréal (IEDM) et le Parti libéral du Québec (PLQ)
pour porter la lame de la perversion des images et des mots pour nous faire
croire que le sacrifice de l’autre représente la bonne solution à nos maux. En
fait, qui meurt dans le film de Von Trier? La victime annoncée par les trois
mendiants est celle qui fait du bruit,
celle qui crie, qui hurle et qui pleure. Celle qui peut enfin exprimer sa
propre nature à la suite d’une longue thérapie, au point de devenir sauvage
comme ces animaux que nous craignons, maligne comme un glouton. Oui, nous
pouvons dire que le survivant est le thérapeute bon, beau, généreux et anglophone
qui utilise toujours les bons mots. Le candidat ministrable pour le PLQ ou le
cabinet de Stephen Harper. Malheureusement, il n’est pas un philanthrope comme
la grande dame qui pratique la médecine dans La Donation. Nous pourrions
même l’accuser d’être un misanthrope qui profite du chaos pour gagner en
notoriété et devenir le maître d’un humain domestiqué.
Je pourrais profiter de l’occasion pour traiter d’un autre film que j’ai
beaucoup aimé. Il s’agit du Journal d’un coopérant de Robert Morin.
L’oeuvre est grande et pénétrante, j’ose dire renversante. Je préfère m’en inspirer pour associer l’aide
humanitaire d’ONG à des occasions pouvant parfois se lier à des expériences sociales
qui serviraient au contrôle des masses, ou à un trafic d’organe comme le
précise le lecteur
Éric Lévesque. Le but est de tenter de mieux saisir cette glissade de l’humain vers
l’animal domestique en épiant la grande bête du chaos qui rôde autour de nous
en laissant des marques, sans se laisser voir ou faire du bruit.
Elle nous dévore. Non seulement nous ne pouvons y échapper, mais nous
avons décidé collectivement de nous doter d’outils pour notifier sa présence et
apprendre à la domestiquer. Nous lui avons même donné un nom. Elle se nomme
TEMPS.
Jadis, la bête se confondait aux
cycles des astres, des saisons et de la nature. Par la suite, nous
sommes entrés dans l’ère industrielle débutée au milieu du XVIIIe
siècle en nourrissant la bête d’heures (60 minutes) et de minutes (60 secondes)
nous plongeant dans le système sexagésimal de Babylone (Le Livre amer, page
278). Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que l’emprise du temps sur notre vie
est proportionnelle à l’espace que prennent les outils que nous utilisons pour
le mesurer. Ainsi, plus nous contemplons les horloges électroniques, montres ou
cadrans, plus le temps nous envahit, nous presse et nous domine.
Cette tendance à regarder le temps défiler sur des objets démontre
assurément une volonté à nous soumettre à son rythme au détriment de notre
horloge intérieure, un refus de prendre le temps d’observer le conflit
asynchrone entre nous et le monde extérieur, de comprendre que la mécanique
temporelle que nous utilisons quotidiennement confronte trop souvent notre
temps biologique.
Pour cette raison, nous pouvons dire que le temps use. Du même coup, nous
devons ajouter que cette usure ne pourra jamais devenir l’unité de mesure
idéale pour cette raison:
Le langage
attribué à l’usure ne cadre pas avec les visées expansionnistes de l’économie
mondiale et pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la productivité.
Imaginons à cette fin une animatrice de la radio nous dire qu’une
tempête de neige tombe sur notre région. Si nous prenons notre voiture,
le facteur d’usure sera de 1,23. Si nous empruntons le pont, il sera de 1,35.
Qu’il serait préférable de rester chez soi pour descendre à 0,87!
Une autre raison est celle-ci:
L’usure varie
selon le milieu.
Un caillou plongé dans l’eau s’érode plus vite que celui se retrouvant
sur les berges. Pour les humains, certains vieillissent plus rapidement que
d’autres, souvent en fonction du milieu social. Mais encore, comme moi, vous
réalisez certainement que le temps à exécuter une tâche que nous n’aimons pas
semble toujours plus long que celle s’accompagnant de plaisir.
Enfin, nous avons cette troisième raison incontournable:
La gestion de
nos gouvernements profite à la croissance du facteur d’usure.
Je ne sais pour vous, mais j’ai l’impression que les interventions
militaires qui ont précédé les évènements du 11-Septembre et la course au
profit qui modèle la politique
au nom du mondialisme et du désengagement de l’État
accélèrent mon usure. J’ajoute que la croissance de la production qui les
accompagne s’associe à une perte importante de ma qualité de vie; une
accélération de mon usure que je ne réussis pas à soigner faute de… temps. Pour
puiser l’énergie nécessaire (l’accélération du temps exige une plus grande
dépense d’énergie), on m’offre un monde où abondent les stimulants, café, cola,
etc..
Non merci… Je préfère les fruits. Des millions de pêches s’offrent à la
bourse de l’alimentation. Pas une seule juteuse et savoureuse qui réponde à mes
besoins, toujours pour une question de temps. Économie du temps de mûrissement…
Prolongation du temps passé sur les rayons des commerces pour optimiser le
profit.
Cette tendance m’amène à croire qu’en multipliant des biens pour plus d’argent,
nous accélérons l’usure de l’humanité par la création d’un milieu plus dense
qui érode notre chair. J’ose même dire que la vitesse de production des
aliments que nous consommons s’engrange parfaitement avec celle de leurs
consommations (moins de temps pour les repas en Amérique que dans le reste du
monde) et de l’omniprésence autour de nous d’un marché noir d’amphétamines
profitant à une accélération de l’usure des gens qui en font un usage régulier.
meurons, nous
encourageons un marché mondial déshumanisé qui prend l’allure d’un conflit
entre notre intériorité (notre horloge biologique) et un monde extérieur qui
tente de nous redéfinir en fonction du temps de la machine et de l’horloge pour
nous utiliser et nous mesurer, voire nous posséder en nous dépossédant de notre
moi. Pour y arriver, on nous coupe de ce que nous sommes en déployant un
discours réducteur, nous comparant parfois à un singe parlant détenant la
capacité de penser ou à un animal domestique répétant des gestes ritualisés au
nom d’un fragile équilibre social et économique. Pour sceller le tout, on nous
demande de nous adapter à une culture liée malencontreusement à la modernité et
à la réussite d’une nouvelle Rome campée par l’Empire anglo-américain. Parlons
l’anglais. Oublions notre identité. Préparons le jour de la grande rupture en
acceptant qu’un enfant ne puisse plus communiquer dans la même langue que sa
grand-mère. Oublions la coupure de nos racines et du mode de vie qui
l’accompagne. Oublions la pourriture de la souche provoquant les inévitables
mutations de notre chair et esprit, alors que le cri organique de la vie
devient la réponse à une mort lente reposant sur de nombreuses agressions nous
poussant vers l’épuisement et l’usure.
Ne vivons pas. Avalisons plutôt le pacte qui nous lie au marché mondial
en contemplant l’horloge de l’Apocalypse ou le calendrier maya qui nous
annoncerait la fin du monde pour décembre 2012. Ne pensons plus. Acceptons
l’idée que le mal est bien. Saluons le président italien Silvio Berlusconi pour
sa conversation téléphonique avec Patrizia D’Addario, une prostituée, dont
l’enregistrement laisserait croire que «30 tombes phéniciennes datant de 300
ans avant Jésus-Christ» auraient été trouvées sur le terrain de sa propriété.
Une découverte archéologique qu’il a omis de déclarer aux autorités italiennes
pour être en règle avec la loi. Applaudissons Nicolas Sarkozy lorsqu’il s’en
prend aux racines de la France par sa politique sur le vin. Honorons le premier
ministre du Québec, Jean Charest, pendant qu’il nous présente son immobilisme
comme une magnifique nouvelle, par ce remaniement de la politique minière de
l’an 1880 devenant digne d’une Loi coloniale de la fin du XVIIIe
siècle arrosée d’une sauce néolibérale britannique: DES ALLÉGEMENTS FISCAUX SANS PRÉCÉDENT POUR LES ENTREPRISES ET LE
PAIEMENT DES COÛTS DE NETTOYAGE AUX CONTRIBUABLES. Saluons Jeannot pour
son refus d’enquêter sur l’octroi de contact au crime organisé et son budget
qui use plus la classe moyenne et les résidents des régions que les ghettos de
l’ouest de Montréal. Oublions que les interventions militaires de Bush et Obama
pour «combattre le terrorisme» ont nourri autant les intégristes islamistes que
les fondamentalistes chrétiens et les sionistes. Oublions la prorogation du
Parlement canadien par Stephan Harper. Oublions que pendant nous nous usons au
nom du néolibéralisme, l’État ferme ses yeux sur des fraudes économiques et des
transactions inconcevables qui nous ont poussés vers une crise économique qui
devrait se laisser accompagner par une crise alimentaire, sociale et
énergétique qui nous usera comme jamais.
Le vent
d’une résignation mystique souffle sur le monde
Le temps bat
au rythme d’une vie qui s’écourte. Ouvrons nos yeux. Le problème que nous
vivons ne consiste pas à se découvrir pessimistes au point d’anticiper les
pires fléaux, mais à reconnaître que nous devons trouver des solutions
planétaires si nous ne voulons pas réveiller le spectre d’une pensée magique
qui accompagnerait une résignation mystique.
J’explique
cette résignation. Elle germe d’un impossible consensus qui nous pousse vers le
religieux.
Pour exemple, nous avons l’Accord de Kyoto. Ses normes minimales en
matière de pollution atmosphérique sont non seulement bafouées, mais la
conférence de Copenhague de l’ONU de décembre 2009 a reporté les mesures à plus tard. Nous devons
oublier que lorsque nous avançons vers l’avant, il faut aussi reculer. Et
lorsque nous croyons avancer, nous découvrons des mensonges et mises en scène
politique. Au Québec, la diminution de 20 % des GES d’ici 2020 prononcée à
grands coups de tambours, en novembre 2009, par le premier ministre Jean
Charest, s’accompagnera d’une augmentation de la production de déchets
radioactifs (la remise en marche de Gentilly II) et d’un intérêt économique
croissant du Québec pour les sables bitumineux.
Pour
conséquences, le temps nous pousse vers des suites de maux insolvables, si ce
n’est pas déjà le cas, qui aboutiront à l’espoir d’une aide extérieure ou à
l’arrivée d’un personnage charismatique qui pourrait se lier à des
prophéties religieuses. Et bien sûr, nous retrouvons
autour de nous de nombreuses croyances. La plus fascinante est aussi le plus
inquiétante, car elle permet d’amalgamer les religions des anciens dieux, les
nouvelles, les phénomènes paranormaux, la science de pointe, la haute
technologie et le mondialisme. Vous avez deviné? Il s’agit d’extraterrestres,
ces pilotes d’ovnis, dont les prétendues visites se lient à l’espoir d’une
transformation de notre société.
Ces exemples
témoignent de cette tendance:
En février 2007, l’ancien
ministre canadien de la Défense,
Paul Hellyer, profite des perturbations climatiques pour
demander aux gouvernements mondiaux de révéler ce qu’ils savent de la
technologie extraterrestre obtenue, selon lui, lors de l’écrasement sur terre
d’ovnis.
En octobre 2005, Éric Julien, dit aussi Jean Ederman, inspire le texte Julien:
la fin d’une imposture à la journaliste française
Marie-Thérèse de Brosses.
Ce contrôleur
aérien, pilote professionnel, chef d’escale, cadre d’exploitation d’aéroport et
auteur de La Science des Extraterrestes (2005) et Enfants des étoiles
(2006), s’affiche en tant que contacté des êtres de l’espace dont une des
missions qu’il se donne est celle d’un contact à la grande échelle qui suivrait
le référendum mondial servant à répondre à cette question posée par les
Extraterrestres en novembre 2005:
DÉsirez-vous
nous voir APPARAÎTRE?
L’heure n’est pas à se demander si les visiteurs du cosmos existent ou si
les affirmations de Hellyer et Julien reposent sur des faits réels. Avant
d’espérer que le ciel descende sur nous, il faut affronter les problèmes de la
terre qui nous invitent à demander de l’aide; le chaos qui profite à l’ordre.
En 2010, nous débattons de solutions planétaires au nom du mondialisme.
Est-ce la bonne base pour y chercher des solutions ou une autre enjambée
vers la résignation mystique? Le mondialisme est l’enfant légitime du
colonialisme, l’outil qui facilite le pillage des ressources mondiales et la
course effrénée pour accéder aux richesses énergétiques et aux matières
premières de la planète. Bien sûr, cela se fait par le biais de gouvernements
usant souvent de stratégies pour lutter contre la syndicalisation et des
groupes de manifestants, tout en optant pour des propagandes, des
expropriations abusives et le vote de lois rétrogrades. Bref, des États qui
peuvent imposer l’ordre en cas de crise sociale majeure afin d’assurer la
perpétuation du détroussement et l’acheminement des ressources dans le marché
mondial.
Les décideurs sont inaptes à l’exercice de leurs
fonctions
Cette tendance
nous
replonge à l’époque des monarchies: des droits pour les seigneurs et des
obligations pour le peuple. Ce qui surprend est de découvrir que la cour du roi
se compare à un immense réseau tentaculaire composé de coteries omniprésentes
sur la scène mondiale, au point que ses membres se permettent les pires bévues,
sans se faire rabrouer par la main de la justice et des médias.
Cela démontre non seulement que
l’organisation sociale est devenue efficace au point de s’assurer que personne
ne puisse ébranler le Royaume, mais que son aristocratie a les moyens de se
construire une forteresse pour se protéger de groupes dont le dynamisme
pourrait atteindre leur autorité.
Cela se traduit par une corruption du
SAVOIR qui nous achemine vers des solutions qui pourraient déborder vers un
humanisme néo-spirituel. Comment? En filtrant la connaissance émanant du
peuple.
Autour de nous, chez nos amis et dans
notre famille, se retrouvent des docteurs, ingénieurs, techniciens et
spécialistes qui réfléchissent plus que les politiciens. Certains se sont fait
connaître en critiquant la vaccination contre la grippe
A
(H1N1) et en accusant l’État de conspirer contre la vérité. D’autres,
dont des membres du mouvement
SISUR et les auteurs
et fondateurs de
Maître chez nous au 21e
siècle (un livre et un groupe qui proposent un plan énergétique
propre pour le Québec), représentent un bagage impressionnant qui éclipse de
loin les cabinets des gouvernements Charest et Harper.
Ceux qui risquent de nous réserver des
surprises se retrouvent dans des organismes non gouvernementaux (ONG) qui
traversent les barrières du Royaume avec une facilité déconcertante pour cette
raison: la majorité porte un discours convivial qui propose d’injecter un souffle humaniste dans la gérance mondiale par le
biais d’une autorité qui pourrait se comparer à l’Organisation des Nations
unies (ONU), mais avec un pouvoir d’intervention qui reposerait sur une
philosophie visant à prolonger l’épanouissement et le progrès, sans nuire à
l’écosystème. L’effet se ressent. Alors que les discussions et sommets se
multiplient, nous observons souvent un mercantilisme charitable chez ceux qui
œuvrent dans le milieu (le film Journal d’un coopérant de Robert Morin
se révèle très efficace sur ce point) et une marginalisation des groupes qui
n’y participent pas. Cela profite à l’exclusion de ceux qui doivent combattre
les effets d’une croissance de la densité par une plus grande difficulté à chercher
des fonds, à recruter des membres et à exposer leurs idées dans les médias
convergents (traditionnels).
Qui s’assoit à
la table et qui disparaît? Le plus censé ou le plus docile. Qui doit parler en
notre nom? L’humaniste modéré, Bono de U2 ou le chercheur inquiet, celui qui
voit les ressources mondiales comme un buffet ou l’autre qui propose la
nationalisation des ressources énergétiques?
Ne rêvons pas.
Les gouvernements et les transnationales ne prêtent pas leurs oreilles aux ONG
pour notre bien-être collectif, mais pour exclurent ceux qu’ils craignent comme
la peste tout en se donnant les bons partenaires pour agir lentement, trop
lentement, à la vitesse qui permet d’étendre le coût des changements vers le
porte-monnaie des sujets du roi.
Cela nous
plonge vers un avenir inquiétant, car un jour ou l’autre ils devront s’activer
rapidement, lorsque nous découvrirons que les problèmes climatiques sont
devenus une menace sérieuse à la sécurité alimentaire et sociale. Et qui dit
«vite» risque aussi de proposer des mesures draconiennes qui devraient faire
l’unanimité. Celle qui me vient à l’idée
doit certainement titiller l’esprit des oligarques:
v
Se doter d’une autorité mondiale qui puisse imposer
des normes internationales et s’opposer fermement aux pays voyous et
récalcitrants qui nuiraient à l’exploitation et l’exportation de leurs
ressources.
Redéfinir Dieu pour
manipuler l’humanité
Nous avançons rapidement sur cette voie. J’ose
même affirmer que le consensus qui ralliera les oligarques et les partisans
d’une mondialisation humaniste pourrait se confondre avec une dictature
mondiale molle, sans bruits, sans cris et sans douleur, celle qui s’impose par
une fabrication du consentement.
Lorsque nous traitons de résignation mystique,
cela se traduit par un nouvel ordre mondial qui reposerait sur un mariage entre
l’État et Dieu pour nous faire avaler une pensée magique qui serait
inacceptable en d’autres occasions; une parodie mystique qui pourrait se
confondre avec une intervention cosmique abordée plus haut.
Pour comprendre la mécanique, nous devons nous
pencher sur notre faculté à traduire le monde extérieur par des raisonnements
qui reposent sur un SAVOIR s’adressant à notre univers sensible. Nous ne sommes
pas des machines, mais des êtres dont les sentiments et les expériences
encodent la transmission de la connaissance, au point de réagir différemment
aux impulsions. Nous parlons ici d’une intériorité qui nous est propre, un Soi
qui façonne notre
identité et qui
tente de l’étendre dans son espace pour y trouver une certaine harmonie. Un
parfum de lilas pour les uns, celui de la lavande pour les autres. Une
température tropicale pour les uns, plus fraîche pour les autres. Et la
musique… Certains carburent aux œuvres instrumentales de
Monsieur Mono,
Laibach ou
André Duchesne. D’autres préfèrent la critique sociale de
Conventum, le rock biotechnologique
de la
Cage de bruits, celui économiquement
responsable de
350 Quatre Barils, le financier de
Arseniq 33, l’énergique de
Galaxie 500 et de
Le Nombre, l’univers imaginaire de
Frank Martel / Bernard Falaise, attendre la fin du monde
de
Robert Charlebois et
Michel Faubert
ou pour critiquer la
surconsommation de pilules avec le
Karlof Orchestra. La liberté de Une
peinture… Une tapisserie… Un met… Une lecture… La liberté!!!
Le problème r
este celui-ci: non seulement nous contrôlons de
moins en moins notre monde extérieur, mais le mondialisme offre, à qui en possède les
moyens, une opportunité pour envahir l’intériorité des citoyens du Village
global à l’aide de réseaux internationaux, parfois mafieux et terroristes, qui
connaissent l’art de profiter des opportunités, sans se soucier des
conséquences qui nous touchent.
Après l’invasion de notre corps par des
molécules brevetées, des toxines industrielles, des champs magnétiques, vaccins
et OGM, la principale menace qui nous guette est celle d’un contrôle de
l’esprit qui mettrait un terme à la quête infinie du savoir (plus nous en
savons, plus nous découvrons de nouveaux champs à explorer) par la présence de
gens qui s’imposeraient comme la source de la Vérité ultime, la raison pour
fuir notre intériorité et enterrer notre intuition en acceptant qu’un savoir
extérieur serait le vrai et l’unique.

Nous y sommes. Le Royaume donne le micro à des
gourous de la finance, de la politique, de la science et de la culture qui
s’affichent souvent comme les porteurs d’une grande connaissance hermétique que
nous ne pouvons comprendre et encore moins contester. Au rythme que nous
avançons, la prochaine étape devrait lier le SAVOIR de ces gens à des
sensations et sentiments qui attaqueraient l’interprétation de la réalité que
nous devrions avoir si nous étions moins asservis au monde extérieur.
Que nous soyons un biochimiste ou un plombier,
lorsque nous sommes aux prises avec les effets d’un sommeil hypnotique, une
puissante pilule du bonheur ou la victime de champs magnétiques pulsés qui
reproduiraient des impressions de félicités mystiques, nous mettons tous de
côté notre sens critique au point que cela pourrait faciliter l’émergence d’une
supercherie mystique. Ce risque doit se porter à nos yeux, car en refusant
d’imposer par la force des solutions à nos nombreux problèmes, nous avançons
vers une pensée magique qui pourrait nous piéger en exploitant nos croyances
religieuses et extraterrestres: lier des
manifestations
étranges à une puissance salvatrice.
Le terrain se
prépare par des discours bien ciblés qui font boule de neige dans les médias et
l’Internet. Celui qui est d’une importance
capitale prend ses racines d’un ex-diplomate
étasunien
présenté dans Le Livre amer. Il s’agit de Wayne S. Peterson. Depuis plus
de 10 ans, il affirme que le Grand instructeur, un genre de Messie connu sous
le nom de Maitreya, émergera à la suite d’une grave crise économique suivie de
réformes politiques et économiques. Nous y serions. Selon
Mathieu P, le 14
janvier 2010, Benjamin Creme, prétendu contacté de Maitreya depuis bientôt
30 ans lié à la doctrine de la Société Théosophique et à son tentacule le Centre
Tara, aurait affirmé que
Maitreya avait donné sa première entrevue à la
télévision en se présentant comme un être ordinaire.
La nouvelle est lancée. Creme a répondu aux questions du New York Time
sans confirmer cette rumeur: Maitreya pourrait être Raj Patel (Monsieur P.
le nomme RAEL en prenant les deux premières lettres de son prénom et les deux
dernières de son nom), un type au profil impressionnant qui connaît bien les
ONG (ONU, Banque Mondiale, OMC, Fondation Rockefeller) dont une des ambitions humanistes
présentées à la télévision étasunienne, pour promouvoir son livre Value of Nothing,
est de nourrir les enfants de la Terre en établissant un nouveau système
économique.
Comme toujours, Maitreya est associée à des phénomènes étranges par ses
disciples et le journal Partage international. Est-ce le don du prix
Nobel de la paix à Oslo (Norvège) au président Barack Obama, le 10 novembre
2009, malgré ses visées militaires au Moyen-Orient? Non. Il s’agit d’une
spirale bleue apparue dans le ciel de Tromso en Norvège, le mercredi 9 décembre
2009, devant près de 5 millions de témoins.
Ne gâchons pas l’émerveillement en liant ce phénomène au
treizième lancement et neuvième échec du missile russe Bolava,
ce que je crois improbable. Restons attachés à notre sujet. Selon les
informations transmises par Mathieu P., Maitreya exposera la Grande
conspiration au monde, au point de provoquer des soulèvements et deviendra
l’Élu de créatures galactiques. Bref, Maitreya serait celui qui instaurera le
Nouvel Ordre Mondial aidé de phénomènes étranges qui se marieront à des
évènements qui bouleverseront notre civilisation entre février 2010 et décembre
2012. Mais encore, en plus de camper le
Christ et de se lier au bouddhisme, par son prétendu petit défaut de diction
(Raj Patel serait légèrement bègue), il se confondrait avec le Mahdi, le grand
purificateur de l’Islam qui aurait un petit défaut physique.
Méfiance ou résignation
Bien que nous ayons tous besoin d’une intervention pressante, nous devons
aussi réfléchir aux solutions faciles, particulièrement lorsqu’elles se lient à
un mysticisme se révélant d’emprunts à différentes croyances et religions afin
de se donner une image universaliste. Pour y arriver, nous devons aussi
comprendre que la venue d’un Christ sur le dos d’une réforme politique et
économique s’accompagnant de prodigues se lie au règne de l’Antichrist et de la
Bête selon la Bible (Matthieu 24-24,25, Thesaloniciens
2-4 et Apocalypse 13-13).
L’idée n’est pas de savoir si nous devons prêcher ou non pour un État
laïque, mais de comprendre que le refus de la religion nous permet de fermer
nos yeux pour ne pas voir l’ours qui emprunte les rues et boulevards de nos
cités. Fermer nos yeux devant les anomalies pour plonger aveuglément dans une
thérapie mondiale digne du film Antichrist. Une philanthropie cachant
une misanthropie qui prépare le règne d’une dictature mondiale sur une
diminution de la population mondiale et une résignation mystique se traduisant
par un besoin de se laisser imposer de nouvelles croyances et nouveaux visages
pour remplacer les anciens usés par le temps.
Abdiquons à la croyance d’une civilisation plus avancée que la nôtre qui
serait liée à la puissance des anciens dieux. Comprenons du même coup que la
laïcité et l’athéisme ne sont pas des obstacles aux solutions magiques.
Ils profilent une réactualisation de nouvelles religions (exigeant la perte des
anciennes), un phénomène qui devrait s’accentuer devant des fresques
néo-miraculeuses répondant à la mort de l’humanité. Ne soyons pas surpris. Cela
est inné à notre nature. Nous sommes tous pourvus d’une très grande créativité
et d’une faculté de croire en une force supérieure jusqu’à souhaiter une
communication avec elle, dans l’espoir qu’elle puisse inhiber les influences
d’un espace extrinsèque que nous jugerions néfastes. Contrairement aux animaux, nous possédons
l’aptitude de la prière. Nous adorons aussi utiliser notre génie créateur pour
construire des œuvres impressionnantes dédiées à des êtres surnaturels, que
nous parlions d’églises, de mosquées, de synagogues ou de temples. Et face à
cette laïcité, très politiquement correcte, dictant de nouvelles bases, souvent
économiques, nous constatons que ce calme qui s’en dégage, parfois interprété
comme la mort de Dieu, nous annonce en réalité une tempête.
Ne nous
barricadons pas derrière des murs de pierres pour nous protéger de ce mal. Nous
devons nous résigner à l’idée qu’il demeure en nous. Les dogmes imposés par le
monde extérieur modèlent actuellement notre vie et nos opinions tandis que le
mondialisme que nous caressons, comme si nous tentions d’apprivoiser une bête
sauvage, se révèle un tremplin vers une nouvelle religion inquiétante, celle
qui consisterait à profiter d’un dernier vent mystique et humaniste pour lever
le voile d’un navire dont nous ne connaissons ni le capitaine, ni sa
destination.
En juin 2009, je publie
Le Livre amer pour présenter le navire et tenter de mieux expliquer les enjeux de ce
conflit entre l’être humain et un espace extérieur de plus en plus impersonnel?
Je laisse juger le lecteur en posant cette question:
v
Les alliances entre
le pouvoir politique, l’industrie et la religion pavent-elles la route d’une
théocratie mondiale? 
Le Livre amer
plonge dans le sujet en traitant de religion et de politique. Cela ne se fait
pas pour manipuler le lecteur, l’ennuyer ou encager ses idées dans une morale
marchande favorisant les intérêts de «saigneurs», mais pour le libérer. Il
réserve aussi de nombreuses surprises aux lecteurs par sa façon de présenter la
politique canadienne et québécoise sur deux chapitres, afin d’aborder la pensée
totalitaire, le refus de la connaissance et la présence de réseau, afin de nous
préparer à rencontrer le dieu Hermès dès le troisième chapitre. C’est le début
d’un voyage dans un univers où glisse l’ombre du démon Asmodée, le gardien du
Trésor de Salomon, celles des dieux précipités et de leurs disciples. Des
informations abondantes, tout au long de 13 chapitres, pour affirmer que le
complot le plus inquiétant se retrouve dans la Bible.
Le complot!!!
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il faut savoir le chasser de notre
esprit pour mieux le comprendre. À cette fin, nous devons arrêter de nous
imbriquer dans diverses théories mettant en scène des groupes obscurs qui
tenteraient d’accaparer des leviers politiques et économiques de la planète,
si cela nous éloigne de nos responsabilités.
Personne
n’agit contre notre volonté. Nous nous laissons tous volontairement berner par
des idéologies fallacieuses qui nous entraînent dans un dédale de concurrences
mondiales et de consommations mortuaires. Personne ne nous oblige à consommer
des colas ou des Rothweiser, à nous abonner à un quotidien dont les
journalistes sont en lock-out. Nous l’accomplissons librement. Personne
ne nous hypnotise. Nous prenons plaisir à regarder la télévision. Et lorsque
des contraintes se présentent, plutôt que de les affronter, nous allumons notre
I-Pod, lecteur MP3 ou téléphone. Pour fuir et oublier la réalité, nous
contemplons ce que nous croyons posséder.
Personne ne
nous force à nous assimiler à des politiques stupides et à des pseudo-craties.
Nous le réalisons pour panser les plaies de notre ignorance, pour fuir notre
peur maladive d’être associé à un marginalisé parmi les marginaux, un homme
libre vivant au beau milieu d’une colonie de zombies et de golems dont la seule
ambition politique est de s’asseoir sur le statu quo au nom d’un fédéralisme
canadien anglais coupé du peuple et de la démocratie.
Gardons nos
yeux bien ouverts. La théorie du complot
devient en soi la source d’un complot. Ainsi, beaucoup de groupes politiques,
économiques et religieux profitent de la croyance aux complots pour excuser
leurs manigances. Pour conséquence,
lorsque les scandales se multiplient, il est toujours préférable d’accuser une
coterie occulte, aux membres mystérieux, de contrôler les institutions pour
protéger des réseaux ayant en leurs sains des personnalités connues et
corrompues se tenant à la droite du pouvoir. Et pour y arriver, rien de mieux
que d’inonder la Toile d’informations spectacles pouvant nous éloigner des
vrais conspirateurs.
Le principal problème est de découvrir
qu’en tentant de faire un ménage dans cet univers, nous finissons par glisser
dans un monde ésotérique autant suggestif qu’inquiétant par ses accointances
avec d’anciennes religions se liant aux dieux précipités (démons) pouvant
laisser leurs marques sur notre esprit, nos réflexions, nos pensées, nos
actions et notre chair au point de parler d’une possession totale de l’humain et
de l’humanité visant une merveilleuse supercherie mondiale prenant pour point d’ancrage un désordre
universel hautement planifié. Nous serions même tentés d’ajouter que le mythe
de Faust, un alchimiste ayant vendu son âme au diable, retrouve sa place dans
la modernité lorsque nous observons de plus près les accointances des
puissances et pouvoirs qui décident des priorités. Conspirent-ils? Non! Ils
nous proposent des initiations pour se rapprocher de notre monde intérieur afin
d’agir sur nos sentiments, notre pensée, notre génétique et notre corps.
Sommes-nous initiés? Nous le sommes
lorsque nous acceptons que des politiciens travaillent avec des membres de la
mafia pour construire notre avenir. Et lorsque nous nous laissons aller à la
résignation et au silence, cela commence à ressembler à une hypnose collective
à réjouir les anciens dirigeants du MK-ULTRA (programme de manipulations mentales
de la CIA ayant trouvé son nid à l’hôpital Victoria de Montréal dans les années
60, avec le soutien financier du gouvernement canadien) et à une acceptation de
suggestions provenant du monde extérieur.
Bref, ne parlons pas de complots si nous
ne pouvons pas comprendre qu’il repose sur une apathie généralisée qui
s’intègre parfaitement à cette surconsommation dont le voile du progrès infini
cache les maux et le visage de la mort d’un humain ayant accepté de s’abaisser
au niveau d’un animal domestique pour vivre confortablement son apocalypse.
Le pâturage du
bétail rétrécit. Pour remédier à la situation, des enveloppes d’argent glissent
dans les mains de politiciens afin que les biens puissent s’accumuler dans les
poches d’amis, généralement de généreux donateurs à la caisse des élus. Corruption?
Ne prononçons pas ce mot devant le premier ministre
Jean Charest. Il semble craindre une
enquête publique comme un vampire craint l’eau
bénite.
Cela dit, le
gouvernement de Jeannot se révèle un parfait disciple de ce libéralisme
mondialiste qui nous prépare une crise sociale sans précédent. Cette situation
provoquera des élans de violences dans les prochaines années.
Devenons un carcajou, un petit animal qui règne en roi sur les forêts, une belle bête que j’adore plus que jamais depuis que j’ai eu la chance de la découvrir à l’émission Question de société diffusée le jour de la marmotte (le 2 février 2010) sur les ondes de Télé-Québec. Non! Ne marchons pas sur ce sentier. Ce drôle de mélange d’ours et de moufette est un peu trop sauvage, pour ne pas dire un savant misanthrope qui connaît l’art d’étendre le chaos sur son passage au point qu’il aurait pu jouer à lui seul le rôle de trois mendiants de Lars Von Trier. Nous devons simplement apprendre à nous battre par l’arme des mots, ceux qui font rougir nos ennemis, ceux qui indisposent les éleveurs de viande humaine, ceux qui perturbent les esprits du mensonge.

Revenons à
Jeannot Charest. L’honorable sacrificateur a démantelé, en octobre 2009,
l’Agence des PPP qu’il caressait comme des barres d’or sacrées. Bien que la
nouvelle soit bonne et réponde à cette tendance à remettre en question ce qu’il
a provoqué en accusant le parti précédent d’être le responsable de ses
problèmes, je ne tiens pas à ce que ces trois lettres P disparaissent de
l’actualité.
Pour
travailler à la tâche, commençons par être zen comme la moufette. À quelques
occasions, je croise en vélo ce charmant animal. Pacifique! Il ne laisse pas de
sang sur sa route. Il reste tout de même prêt à se défendre en urinant sur ses
prédateurs. Cette façon de réagir contre
des agresseurs m’inspire l’idée de créer un autre PPP, le PARTI DES PACIFISTES
QUI PISSENT (PPP). Si vous voulez m’aider, je cherche des gens qui voudraient
se réunir pour uriner sur les politiciens qui menacent les droits et la
démocratie, en arborant notre magnifique drapeau: un tissu noir traversé d’une
barre blanche verticale. Bien sûr, nous devrons préalablement boire quelques
bières de microbrasseurs québécois (le PPP encourage l’économie locale).
Contactez-nous pour le grand rendez-vous de 2010.