Informations
complémentaires tirées de textes remis lors
de
rencontres avec Jean-Pierre Galipeau.
Jean-Pierre Galipeau
est un trompettiste de profession. Dans les années 70, il accompagne une troupe
de théâtre qui joue la pièce Jesus-Christ superstar sur la scène de Los
Angeles. À cette époque, il a pour amie une grande Dame de Los Angeles qu’il a
rencontrée dans un bar voisin au Whisky a
gogo, rue Sunset. Son nom est Alicia. Elle gère un commerce de call-girl qui lui permet de mettre de 6
000 à 10 000 $ en banque, par semaine. Elle use aussi de son influence
auprès des autorités pour procurer un baptistère à Jean-Pierre. Près d’elle,
nous retrouvons son oncle Monsieur Charbiony. Il occupe les fonctions de
conseillers financiers du dictateur philippins Ferdinand Marcos et possède une
vingtaine de bateaux, dont quelques pétroliers dans sa compagnie Eastern Line Ship. Malheureusement, la
belle vie de Jean-Pierre se termine le 2 octobre 1975, lorsqu’il quitte les
États-Unis, étant devenu persona non
grata.
Jean-Pierre n’est pas
un ange. Il éprouve des petits problèmes avec la cocaïne et l’alcool. En 1984,
il part même en campagne antidrogue, pour, selon ses dires, «s’empêcher de
devenir lui-même un trafiquant» et «rester fidèle à sa conscience». Il «aime trop
la coke pour en vendre». Il connaît aussi un type lié à ce milieu. Son nom est
(Frank) Majeau. Il découvre que ce dernier travaille dans le cabinet de Rock
Lasalle, ministre à Ottawa sous le gouvernement de Brian Mulroney. Majeau
aurait versé 5 000 $ à Immigration Canada, afin d’aider un Brésilien
victime du ministère de l’Immigration. Il décide alors de devenir un «délateur
volontaire» en écrivant à la GRC en mai 1986, pour dénoncer Majeau. Il ne
reçoit pas d’avis de réception. Plus tard, alors qu’il vit chez une amie dans
l’ouest de Montréal, le voisin de son ancien appartement est, selon ses mots,
«pris pour lui» et tué. Peu importe, même si la «GRC sait tout», Majeau reste
en poste. Il riposte en contactant Dan Burke, un journaliste de Toronto qui travaille
pour le magazine Maclean. Il y a
vérification de ses dires et deux textes sont publiés en janvier 1987. Arrive
alors le scandale qui oblige la démission du ministre Rock Lasalle. Par la
suite, il accepte une entrevue au Point, émission
de la SRC, un article de La Presse
provenant de la plume de Jean-Paul Soulié traite de son cas dans: Jean-Pierre Galipeau l’informateur.
Le temps passe.
Jean-Pierre se retrouve à l’emploi d’un individu que nous baptiserons Jo Blow
pour ne pas entacher sa communauté. Jo Blow administre «une entreprise qui
traite la TPS pour Ottawa» et selon les mots de Jean-Pierre, il «achète
légalement des chartes d’entreprises en faillites, afin de réclamer des
remboursements de TPS». Il en ajoute en affirmant que «Jo Blow est membre d’un
réseau qui travaille avec la police montréalaise et le gouvernement». Son
patron fréquenterait même l’ancien capitaine de la police de Montréal «Jacques
Duchesneau», qui à cette époque, se prépare pour une course à la mairie de
Montréal.
Jo Blow se vante aussi
d’avoir battu un jeune punk en vélo, qui a craché sur sa Corvette blanche, le
vendredi 13 août 1993. Le punk en question, n’est pas un inconnu émergeant
d’une classe défavorisée sans défense. Il se nomme Adam Berger, le trompettiste
des Me Mom and Mongentaler, un groupe de musiciens qui connaît un certain
succès sur la scène alternative canadienne. Informé par les médias que son
patron est recherché par la police, pour coups et blessures, dont un article
signé par Richard Hétu du journal La Presse:
Un cycliste rossé par le conducteur d’une corvette espère qu’on retrouvera
l’agresseur, Jean-Pierre décide alors de témoigner contre lui.
Jo Blow est reconnu
coupable par la cour en septembre. Par la suite, «le 5 août 1997», Jean-Pierre
est victime de brutalité policière. Trois policiers entrent chez-lui et le
battent. Suivent de violents maux de tête et une chirurgie d’urgence à
l’hôpital Notre-Dame de Montréal, par le docteur Jules Hardy. Les séquelles:
une paralysie partielle du visage qui met fin à sa carrière de trompettiste. Ce
cas ne reste pas lettre morte. En 1997, le défunt journal Le Juste Milieu (volume 1,
numéro 6) le traite dans un texte ayant pour tire Une autre affaire Barnabé: Un citoyen tabassé par un policier.
Quelques semaines après l’article, le vendredi 13 février 1998, la fille de
Jean-Pierre Galipeau, 10 ans, est heurtée par une voiture, sur la rue
Sherbrooke à Montréal, après qu’il fut visité par «un journaliste de La Presse se faisant passer pour un
enquêteur», selon les mots de Jean-Pierre. Heureusement, elle s’en sort de
justesse.
Jean-Pierre voit des
liens invraisemblables entre ces deux incidents et son ancien patron, membre
d’une «société secrète» et d’un réseau composé de personnalités influentes, un
complot qu’il ne se gène pas de dénoncer dans des lettres. Il va jusqu’à
demander à des maires de villes du nord de Laval à prendre un rendez-vous avec
lui le 17 juillet, journée où il affirme qu’il doit retourner à Montréal par le
biais de la piste cyclable qui part d’Oka vers Montréal, en passant par
Pointe-Calumet, Deux-Montagnes et St-Eustache. Ils ne répondent pas à sa
demande. Le 17 juillet, il décide donc d’emprunter une autre route. Il s’agit
du traversier d’Oka qui mène à Hudson, banlieue ouest de Montréal. Le 17 juillet,
un type qui lui ressemble roule sur la piste cyclable avant de disparaître. Son
nom de famille est Oualette. Selon Jean-Pierre, il aurait été confondu avec lui
et assassiné.
Il affirme aussi que
Joliène Riendeau, une enfant de 10 ans disparue le 12 avril 1999, a été victime
d’une initiation d’un groupe criminalisé, qui consiste à filmer le meurtre sur
vidéo. Mais ce n’est pas suffisant. Il dit que les forces policières ont placé
5 bombes devant des postes de police et la caisse d’économie de la SQ, en avril
1999, afin d’accuser des groupes criminalisés.
En août 2009, mon
impression sur Jean-Pierre Galipeau reste la même: un bon homme qui cachait
certains détails. Peut-être son appartenance à un service de renseignement qui
voulait en savoir plus sur l’OTS? Peut-être un paranoïaque? Peut-être un homme
seul qui tentait de se délivrer de mauvaises expériences? Assurément, son
courage en faisait un être humain d’exception. Qu’ajouter de plus si ce n’est
que pour dire que les deux fondateurs du journal Le Juste Milieu étaient
aussi courageux. Robert Savard est assassiné vers l’an 2000 par des motards et
Robert Rivest, un ancien agent de la SQ, se retrouve emprisonné à la même époque. Nous n’avons
toujours pas retrouvé Joliène Riendeau et si ma mémoire est bonne, un squelette
découvert à Oka en 2003, près de la piste cyclable, serait celui de Monsieur
Oualette.