Canal  Z

2100, rue Ste-Catherine ouest

Bureau 800

Montréal

H3H 2T3

 

Le Canal Z: La télévision du futur?

 

À qui de droit,

 

Qu’est-ce qui peut bien amener un auditeur à prendre de son temps pour donner son opinion sur un canal de télévision? Il faut débuter par dire que je ne suis pas un auditeur régulier de votre station, même si je suis parfois surpris par le dynamisme de l’équipe de la Revanche des nerds. Et enfin, ce qui me fait écrire est la peur.

 

J’ai peur de l’Amérique. J’ai peur de ces peuples qui ont abandonné l’art de réfléchir et de débattre des idées, afin de servir l’art de vendre et de consommer. J’ai peur de tous ces gens qui ont choisi de mélanger l’humour, la science-fiction, l’occultisme, le nouvel âge et la science, en oubliant qu’il y a parfois des mélanges qui sont incompatibles au maintien de l’équilibre et de l’objectivité. Et cette peur fait que parfois je m’imagine ce cauchemar: un physicien, par son sens d’humour devient premier ministre, pour ensuite se convertir au spiritisme et à l’astrologie, pour enfin devenir un illuminé qui décidera de mener son peuple vers Sirius, par l’utilisation de l’essence et du feu.

 

En fait, moi qui vis à Laval, cette ville construite de 3 km de centres d’achats, 6 de condominium autant en champs de brocolis et près de 500 km de brochettes de poulet, saucisses et viande hachée, j’ai toujours eu peur que cette ville qui se dit être la «ville de l’avenir», soit la réalité de demain. J’imagine un Laval inc. avec 6 milliards de zombies marchant avec leurs sacs, entre un Mc Mart et Wall Donald. J’ai peur... 

 

J’ai aussi peur que «la télévision du futur» soit réellement celle de demain.  J’ai peur un jour de me retrouver devant une télévision qui ferait une version nouvelle ère de la bonne vielle propagande des anciens régimes totalitaires. J’ai peur de me réveiller un jour, en me souvenant que la propagande la plus redoutable fut celle qui mélangeait l’ésotérisme, la science et l’humour, afin de profiter à l’holocauste de juifs.

 

C’est cette étrange impression que j’ai eue en regardant L’empire des sciences, le samedi 14 octobre. Le troisième Reich était Monsento travaillant pour l’idéal nazi de la promotion et la vente mondiale des OGM. Les juifs devenaient, les «détracteurs», les «opposants» des OGM, tous présentés par la négation, afin de faire briller le temple solaire du troisième Reich. Il ne restait qu’à dire que les «détracteurs» des OGM sont des déficients, les responsables de l’appauvrissement des populations, la cause de pestes et de maladies, et peut-être un jour, d’une famine mondiale. Il ne restait qu’à dire que le Protocole des sages de Sion prouve ce fait et qu’il faut les tuer avant que les conspirateurs puissent mettre fin au rêve d’un monde de végétaux sans insecte.

 

Mais vous savez, nous parlons de science ici, ce qui m’oblige à vous poser cette question: Depuis quand avez-vous l’autorité d’appeler science ce qui est en fait de la propagande pour adolescent qui ressemble étrangement à un publireportage de Monsento, géré par la firme de relation publique Hill and Knowlton et Santé Canada? En fait, je ne sais pas qui a produit le reportage de samedi dernier et je doute même que vous ayez payé pour présenter ce documentaire débridé d’objectivité et usant de mensonges. Si jamais c’est le cas, je suis persuadé qu’avec quelques minutes d’efforts et moins d’argent, vous pourriez présenter Mains basses sur les gènes à vos téléspectateurs. Cette oeuvre de Louise Vandelac et Karl Parent n’a pas besoin d’être traduite en français. En plus, elle a gagné un prix du documentaire scientifique. Vous pourriez même en profiter pour faire un débat sur les OGM et les droits de la personne.

 

En fait, si la propagande est toujours accompagnée d’un manque d’objectivité, il faut aussi souligner qu’elle précède toujours la perte de droits individuels. Est-ce que cela est pour vous le futur ou le passé? Tant qu’à moi, j’ai maintenant aussi peur du Canal Z, comme l’est une victime de la télévision. Sous mes gardes, je ne vous regarde plus, je vous surveille.    

 

Marc Huber

 

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