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Il y a six ans, j’ai fondé la secte des Findumondistes du sixième jour. Lors du baptême du 111ième disciple, nous avons bu 111 bouteilles de Fin du Monde de 6 litres et décidé du construire une pyramide avec les bouteilles vides. Une fois le travail terminé, je me suis soudainement senti Bête, au point de gerber, lorsque je découvris que le nectar doré avait 9 % d’alcool. J’ai donc décidé d’inverser les bouteilles pour voir % 6 sur l’étiquette. Malgré ce geste, je restais toujours Bête.

 

 

Couscous à l’agneau et à la gelée de pavot

 

VI

Axe du mal et mensonge

(extrait)

 

En 1979, les États-Unis y goûtent lors de l’établissement d’une République islamique en Iran, sous le règne d'ayatollah Khomeyni, revenu de son exil en France. Heureusement, entre 1980 et 1988, l’Irak combat le régime de Khomeyni. Celui qui mène la lutte se nomme Saddam Hussein, le célèbre barbu condamné à mort le 5 novembre 2006 et pendu le 29 décembre 2006, au début de la Fête du sacrifice des musulmans. Sam l’aime. Il est un bon laïc qui lutte contre une théocratie islamiste. Pour lui démontrer sa sympathie, il lui prête plus d’un milliard de dollars. Selon un rapport de la CIA du 6 novembre 1989, cela permet à l’Irak d’acheter des armes des États-Unis. Pendant ce temps, l’oncle Sam s’affranchit d’une neutralité exemplaire. Il arme aussi l’Iran de «bombes à fragmentation» en passant par le Chili, dictature à l’époque dirigée par le général Pinochet depuis le renversement de Salvador Allende en septembre 1973, avec l’aide du diplomate de la CIA «Jame D. Theberge» et d’«industriels» fréquentant le colonel «Oliver North»[1].

Le prêt provient d’une succursale de la «Banca Nazionale del Lavoro» (BNL), située à Atlanta, dont un des conseillers est Henry Kissinger. Il est accusé d’avoir négocié le financement avec Bagdad. Il se défend. Il s’en sort. Malgré cela, les pistes de la BLN sont suivies. Elles conduisent à la firme britannique Matrix-Churchill. Une de ses succursales d'Ohio aurait fourni du matériel de précision à l’Irak. L’enquête se transporte vers Rome, merveilleuse ville où se rencontrent des initiés d’ordres ésotériques, des agents secrets et des proches du Vatican, comme nous l’avons vu au chapitre précédent. Hélas, en 1990, Dick Thornburg, un membre du FBI la bloque. Par la suite, Alan Friedman, correspondant italien pour le Financial Time, découvre un réseau de vente d’arme à l’Irak. Il accuse le Pentagone et l’«Exporte-Importe Bank» d’avoir autorisé «le transfert de l’argent de la BNL»; les entreprises «Matrix-Chruchill», «Hewlett-Packard» et «Tecktronic» d’avoir «vendu des technologies à l’Irak»[2].

La multinationale italienne Fiat est aussi mêlée au scandale. Pouvons-nous espérer mieux d’une entreprise asservie aux attentes de Maha? En 1964, Aurélio Peccei est le chef d’organisation de Fiat, avant de joindre le groupe Bidelburger, vice-président d’Olivetti, fondateur, promoteur et vice-président de l’Atlantic Community Development Group for Latin America (ADELA), un groupe d’investissement qui rassemble les capitaux des 150 plus grandes banques et industries, afin d’aider l’Amérique latine. Au moment de l’enquête, Giovanni Agnelli, le président de Fiat, œuvre au conseil d’administration de la Chase‑Manhattan Bank et rencontre sporadiquement Zbigniew Brzezinski. Cet ex-conseiller à la sécurité nationale sous Jimmy Carter, protégé de la famille Rockefeller et ami de Dick Cheney, participe à la vente d'arme pour exprimer l'antipathie qu'il a pour Khomeyni. Enfin, tout comme Agnelli, il fréquente le club Bidelburger et la Commission trilatérale. 

Pendant ce temps, l’Oncle Sam s’affranchit d’une neutralité exemplaire. Il arme aussi l’Iran. Après la transaction, Donald Rumsfeld et Henry Kissinger proposent l’invasion de l’Iran par Saddam Hussein.  Les roses peuvent s’ouvrir et l’or noir peut jaillir. Kissinger est un anticommuniste, un criminel de guerre, un consultant des pétrolières et un… membre du Bidelburger. En 1974, lors de la lecture du document intitulé «US Population Study», il est informé des prévisions désastreuses pour les prochaines décennies: «le pétrole deviendra de plus en plus rare, la production alimentaire et les transports deviendront de plus en plus chers», vers l’an «2050» la «population mondiale devra être réduite de 3 milliards de personnes». Il sait que «les réserves de pétrole sont beaucoup plus limitées qu'on le prétend officiellement». D'ici là (dans environ 20 ans), le Bidelburger devra «créer une société mondiale à deux vitesses: une élite post-industrielle de super-riches et puissants – une nouvelle noblesse en quelque sorte – et une grande masse anonyme qui travaille pour eux, et consommera leurs produits». Il sait aussi que pour y arriver, il faut créer «un ennemi extérieur» qui permet de stigmatiser les opposants et «contrôler de plus en plus les droits et libertés individuelles»[3].

Un chevalier de l’Ordre de Malte partage assurément sa vision de la société. Il se nomme Ronald Reagan et est président des États-Unis. Le 17 janvier 1986, il fait voter un acte de soutien des services de liaisons étrangères, afin d’aider à la vente d’armes. Le politicien est aussi un grand narrateur. Ce don ne se développe pas par son métier d’acteur. Entre 1952 et 1962, il prête «sa voix et son visage» pour des «tournées de promotions au sein de GE». Il est aussi connu des Américains comme animateur du «GE Theater» du dimanche soir diffusé sur CBS entre 1954 et 1962[4]. Pour son poste à la présidence, il l’obtient par le soutien d’Ed McAteer, un «évangéliste» qui œuvre pour la Famille, dont sa réputation l’associe au «parrain de la droite américaine». Il l’invite à se présenter devant plus de «20 000 évangélistes réunis à Dallas». Même si Reagan est plus près des astrologues que du Christ, en prononçant le discours écrit par McAteer et en priant avec lui devant une foule ahurie, il s’assure du vote de «50 millions d’électeurs»[5]. McAteer fréquente aussi le CNP, dont la tâche consiste à réunir les néoconservateurs des États-Unis. Parmi ces derniers, nous retrouvons Nelson Bunker Hunt, l’inspiration de la série télévisée Dallas et Pat Robertson, un télévangéliste du Christian Coalition qui donne son temps à la Famille, entre ses apparitions à l’émission Enough is Enough diffusée sur le Christian Broadcast News.

Nous le savons, ces gens représentent des exemples de tolérance et de respect des valeurs démocratiques. À son émission 700 Club du 22 août 2005, Pat Robertson propose l’assassinat de Hugo Chávez, président gauchiste du Venezuela, un pays riche en pétrole. Ses prières seront-elles exaucées? D’autres le sont. En septembre 2003, Ehoud Olmert, l’assistant du premier ministre d’Israël à l’époque (premier ministre depuis 2006), prescrit l’exécution de Yasser Arrafat, le barbu, le chef de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), accusé de frayer avec le moustachu Hussein. Comme Dieu est bon et tout puissant pour ceux qui se rasent, Arrafat décède mystérieusement le 11 novembre 2004, à Paris.

Le sol se fertilise. Hermès se frotte les mains. Des entreprises font de même. Plus personne ne bouffera de l’agneau et du couscous. Maintenant, des Burger King, restaurants rapides dont les actions sont dans les mains de Bain Capital, partenaire du Groupe Carlyle, se construisent en Irak. C’est fini la dictature. Des drapeaux étasuniens flottent au vent. Des soldats attendent des ordres. Des multinationales s’implantent et des envoyés de la Maison-Blanche préparent l’avenir de la démocratie en saluant, en octobre 2007, la présence de dizaines de milliers de soldats turcs se massant à la frontière irakienne, pour affronter les rebelles séparatistes kurdes; des bombardements de F-16 en décembre 2007.

Divisions, provocations et révélations

Fêtons la victoire! Avant de nous enivrer en dansant sur le rythme de la mort et de la transformation joué sur un air de «Roth & Roll», demandons-nous si le terme «Axe du mal» dépeint la nation qui tente de récupérer par la force les armes qu’elle a vendues à un dictateur, ou celle qui les acquiert, grâce à des membres du Bidelburger? Pour certains fondamentalistes ou Born Again Christian, il faut éviter de se questionner sur les réseaux d’affaires, car l’Axe du mal est essentiellement musulman. «Paul Brook, pasteur du Kansas», considère que «Allah est un démon» et que le «mahométisme» est un «complot» pour remplacer le «judaïsme». «Ed Mc Ateer» ajoute que «l’Arabe a quelque chose au fond de l’âme qui le pousse à tuer et à détruire». Pour «Rita Angela […], c’est la religion (islamique) qui apprend aux Arabes à tuer et à haïr». Enfin, «Jan Morrison» affirme que pendant que les juifs croient à l’importance de vivre en paix et sauver des vies, pour les «Arabes» la «vie n’a aucune valeur», au point de transformer leurs «enfants» en des «bombes humaines»[6]. Pour «un proche conseiller du président Bush […], l’instinct de mourir en tuant est inscrit dans les gènes de tous les Arabes depuis la nuit des temps»[7].

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[1] DURANDIN Catherine, La CIA en guerre, les Éditions Grancher, 2003, page 37.

[2] Ibid., pages 37 à 40.

[3] ESTULIN Daniel, Les Cahiers d'Ouranos, juin 2007, page 57. Propos provenant de l'hebdomadaire Primo TV GIDS belge du 23 février 2007.

[4] HALMINI Serge, «Un publicitaire nommé Ronald Reagan», Le Monde diplomatique, novembre 2006, page 23.

[5] VICTOR Barbara, La Dernière croisade, Plon, 2004, page 229.

[6] Ibid., pages 95, 112, 263 et 267.

[7] Ibid., page 341.