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Alors que les oiseaux volent avec deux ailes, deux avions s’écrasent sur les deux tours du WTC. L’incident aurait-il pu être évité si les Américains écrivaient le mot plane avec deux L? 

 

 

Pâté colonial aux dents-de-lion

 

II

Citoyen d’une monarchie

(extrait)

 

Nous sommes soumis à une mentalité loyaliste qui n’a pas beaucoup changé depuis les luttes sanguinaires entre les protestants anglais et les catholiques français, lors de la Deuxième révolution d’Angleterre (1688-1689). À cette époque, le roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange et son épouse Marie II Stuart concilient «la monarchie avec les exigences d’une classe marchande» finançant le «développement militaire»[1]. Cette union donne des résultats. Au XVIIIe siècle, l’Angleterre devient le plus grand empire colonial du globe. En 1763, les colonies britanniques s’emparent du Canada cédé par la France lors de la signature du Traité de Paris. Le Royaume britannique peut alors soumettre le Nouveau Monde à un pillage que nous définirons par le mot «globalisation», une politique de croissance économique qualifiée de marché naturel par les groupes prêchant le désengagement de l’État.

Cette globalisation se résume par des transactions commerciales se faisant pour la survie des conquêtes et l’enrichissement de l’Angleterre et de son élite aristocratique. Pour y arriver, la pensée totalitaire s’exprime par des lois répressives. La vente de fourrures entre les Canadiens français et les Métis est interdite, sous peine de mort. Seuls les Britanniques ont ce droit, en les revendant à presque 10 fois le prix. Il faut aussi s’assurer de nuire à l’économie des ennemies de l’Angleterre. Au Canada, ils représentent les colons français; des alliés de l'Église se rebellant contre l’Angleterre protestante, des sujets du roi de France, Louis XV, ne reconnaissant pas l’autorité de George III. Cette situation se gère difficilement. Pour cette raison, l’Acte du Québec de 1773 règle certaines injustices. Les catholiques sont admis aux fonctions publiques, les lois françaises sont rétablies et le Québec est délimité en son actuel territoire et celui de l’Ontario.

En 1791, les loyalistes représentent 8,22 % de la population (12 000 Anglais qui convoitent 146 000 Français). Malgré ce nombre restreint, ils deviennent les premiers séparatistes en demandant à Londres de diviser le Québec, sans le moindre référendum ni même une élection. Pour résultat, la province est fractionnée en deux parties par l’Acte du Canada: le Haut-Canada (l’Ontario), majoritairement anglophone et le Bas-Canada (le Québec) francophone. Par la suite arrivent les éternelles complaintes des loyalistes opprimés. Cette communauté, habile autant avec la gestion qu’avec la démocratie, fait grimper la dette du Haut-Canada. Pour solution à ce problème de liquidité, le 23 juin 1840, la reine Victoria crée le Canada-Uni en réunissant le Haut et le Bas-Canada. Cette association entre en vigueur le 10 janvier 1841 avec pour prix, un partage de sa créance avec le Bas-Canada, ayant jusqu’ici des surplus, un unique Parlement pour siéger sur le nouveau pays et l’anglais comme langue d’usage, afin d’assimiler les Canadiens français.

Lord Durham (1792-1840), Gouverneur du Canada, est celui qui préconise la réunion du Haut et du Bas-Canada, au nom du Buckingham Palace, ce qui provoque des révoltes et la pendaison de 12 hommes. Durham n’improvise pas. Il rejoue de son mieux la valse du nettoyage ethnique des loyalistes britanniques, débuté au XVIIIe siècle comme les précisent ces exemples:

·          En «juin 1755», le «colonel Robert Mockton» obéit aux ordres du Gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, afin de réaliser son plan de «nettoyage ethnique». À cette fin, il envahit les «forts français Beauséjour et Gaspareau, en contravention des traités de paix signés avec la France». Il déporte aussi «2 100 Acadiens et Acadiennes», confisque «leurs terres et leurs biens», brûle «leurs demeures» et «s’empare de leurs bestiaux». Jusqu’en 1762, près de 12 000 personnes sont victimes de ce traitement, dont 6 000 qui trouvent la mort[2].

·            En 1764, une épidémie de variole touche la tribu des «Delaware», «Shawnee» et «Mingo». Selon l’expertise de «Peter d’Errico», elle serait causée par l’utilisation d’une «arme biologique» par Amherst. Le «13 juillet 1763», le «colonel Henry Bouquet» aurait proposé au «commandant en chef Jeffrey Amherst», une «distribution de couvertes contaminées par la variole» afin d’éliminer les Indiens[3].

·            En décembre 1834, les membres du Parti canadien élus aux récentes élections s’opposent aux décisions unilatérales de la Couronne britannique qui se prennent au détriment des Canadiens français. Cela donne naissance au soulèvement des patriotes de 1837. Pour mettre fin au mouvement séparatiste, les soldats anglais violent des femmes, brûlent des fermes, des animaux, tuent des patriotes, détruisent des églises et mutilent des cadavres. En novembre 1837, «durant trois jours», le corps de Jean-Olivier Chénier, médecin depuis 1828, «demeure exposé à l’auberge Addison». Selon des témoins oculaires, il était «horriblement mutilé, fendu en quatre», sa «poitrine était découverte et son cœur pendait au dehors»[4].

Après la mort de Durham, la valse continue.

·            En 1840, James McGill, Gouverneur de l’île de Montréal et fondateur de l’Université McGill en 1821, ferme les écoles primaires francophones[5]. 

·            Le «25 avril 1849», les «Anglais de Montréal» incendient le «siège du Parlement du Canada-Unie, alors situé […] dans le Vieux-Montréal», où se rencontrent des élus majoritairement francophones. Derrière eux se retrouve le journal anglo-montréalais «The Montreal Gazette»; organe proposant l’anglicisation des francophones[6].

·            En 1860, «plus 300 000 exemplaires» du livre The Awful Disclosures of the Hôtel Dieu Nunnery of Montreal publié par la maison d’édition new-yorkaise Harper brothers s’écoulent depuis sa parution, quelques années auparavant. Ce succès de librairie sans précédent a pour auteure Maria Monk, une prostituée dont le témoignage nourrit, avec raison, le mépris des anglophones protestants envers les catholiques et la Nouvelle-France. Mlle Monk affirme avoir été «sauvagement engrossée par les horribles prêtes papistes» de l’Hôtel-Dieu de Montréal et témoigne de «pratiques sexuelles répugnantes» imposées aux nonnes par les curés. À la suite d’une enquête de l’Église, l’œuvre se révèle être une supercherie. Maria Monk travaille dans un «bordel de New York» et n’a jamais «mis les pieds à l’Hôtel-Dieu». Le vrai auteur est un «pasteur protestant»[7].

En 1867, l’espoir d’un pays plus progressiste se dessine lors de la signature par l’Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (AANB), la célèbre Constitution canadienne. Malgré cela, les problèmes continuent:

·        En 1871, un génocide culturel s’abat sur le Nouveau-Brunswick par l’abolition de la langue française.

·            Louis Riel, élu député en 1874 et ennemi juré d’Ontariens à la suite de la mise à mort d’un prisonnier anglais, s’exile aux États-Unis après qu’il est proclamé homme hors-la-loi par 124 votes de parlementaires contre 69. Il revient en 1885 et participe à la bataille de l’Anse-aux-Poissons, sous la gouverne de Gabriel Dumont. Une victoire se dessine contre les troupes du général Middleton, mais les Métis sont trahis par des missionnaires catholiques. Gabriel Dumont réussit à s’enfuir. Louis Riel se livre. Le 16 novembre 1885, il est pendu par le gouvernement Mac Donald. Comme Riel est métissé, il est jugé par un demi-jury composé de 5 Anglais. La justice britannique considère qu’un Amérindien est un «sauvage» qui ne peut être jugé par la Loi anglaise.

·            En 1890, le génocide continue par l’abolition du français au Manitoba.

·            En 1891, Honoré Mercier, premier ministre du Québec, ami de Louis Riel, nationaliste et défendeur des droits des francophones, est destitué de ses fonctions sous les pressions d’orangistes, en réaction à un scandale dont il se dit innocent. Le 30 octobre 1894, il décède à l'âge de 54 ans.

·         En 1912, le règlement 17 abolit l’enseignement de la langue française dans les écoles de l’Ontario.

·           Le premier avril 1918, des soldats ontariens mitraillent les émeutiers qui manifestent à Québec contre la conscription. L’ordre de tirer pour tuer se donne.  C’est une réussite. Près de 75 personnes décèdent. Par la suite, le gouvernement canadien refuse d’obtempérer à un jugement de la cour, prononcé le 13 avril, qui exige l’indemnisation des familles des victimes.

·            En 1927, le Ku Klux Klan laisse sa trace dans la ville de Kingston, en Ontario, en s’attaquant non seulement aux noirs, mais aussi aux juifs et aux Canadiens français.

Heureusement, le Canada est maintenant plus humain. Pas pour les Québécois et les Canadiens français, comme le précisent ces exemples parmi d’autres:

·         Dans les années 50 et 60, le docteur «Ewen Cameron», bras droit du Dr Sydney Gottlieb, responsable du département des recherches de la CIA, mène des expériences de «contrôle de l’esprit» à l’«Allan Memorial Institute de l’Université McGill» de Montréal, dans le cadre du programme «MK-ULTRA». À cette fin, il utilise du «LSD», des «messages répétitifs», la «privation de sommeil», des «électrochocs», l’argent de «la CIA» et du «gouvernement canadien»[8].

·            Dès 1966, «Gustave Morf», un «psychiatre» membre de la «Moral Re-Armament of Canada», une «organisation ultra catholique d’extrême droite», entreprend des «recherches psychiatriques auprès des prisonniers du FLQ incarcérés au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul»[9]. 

·            Pendant et après le référendum de 1995, une caisse occulte du PLC, représentant des centaines de M$, sert à la promotion du fédéralisme canadien (le Scandale des commandites). Près de 20 millions $ sont gérés par «Option Canada», sous la responsabilité de «Lyette Doré», ancienne «administratrice de l’Association pour l’accès et la protection du citoyen» nommée par «Jean Charest», qui aurait été une agente du «SCRS» entre «1988 et 1992»[10].

·            En 1998, la Loi référendaire d’Ottawa, votée afin de rendre plus difficile l’accès à la souveraineté du Québec, désobéit à la Charte d’Helsinki de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

·            En février 2004, le présentateur sportif Don Cherry, du Canadian Broadcasting Corporation (CBC), la SRC anglophone, tient en onde des propos racistes sur les Québécois et les Européens. Il garde son emploi, contrairement à Normand Lester. Il est même honoré en octobre 2004, en devenant un des dix grands Canadiens.

·            Quelques années avant son décès survenu le 15 mai 2008, en avril 2002, le peintre Claude Théberge avale difficilement le jugement de la Cour suprême du Canada sur le droit des galeristes de reproduire ses toiles. Le juge en chef décrète que «la reproduction d’une oeuvre d’art qui ne s’applique pas sa multiplication ne contrevient pas à la loi sur les droits d’auteurs», après le vote de «4 juges anglophones contre trois francophones»[11]. Ainsi, au Canada il est maintenant possible de faire du plagiat.

·          À Toronto, le jeudi 12 février 2004, Conan O’Brien, l’animateur étasunien de Late Night with Conan O’Brien, émission diffusée au réseau NBC, traite les Québécois «d’insupportables» et de «bornés» et les invite à parler la langue de l’Amérique, l’anglais. Pour ce merveilleux travail, des subventions d’un million de dollars sont versées par le gouvernement canadien et ontarien.

·            En mai 2008, Donald St-Pierre, un élu du conseil municipal du canton de Russel de l’Ontario, reçoit des menaces de mort pour s’être prononcé pour la francisation de l’affichage commercial.

·            En décembre 2008, le PCC propose de couper le financement des partis politiques. Une coalition entre le NPD et le PLC naît avec l’appui du BQ. Le mépris du Québec prend des forces et le masque de la merveilleuse démocratie canadienne tombe pour laisser voir les cicatrices d’un vieux clivage; des «séparatistes» québécois dont le vote pour le BQ est sans importance, des «socialistes» du PLC et du NPD conspirant contre le gouvernement et les autres, ceux qui ont voté pour le PCC.

En mars 2009, la SRC se voit dans l’obligation de congédier près de 400 employés, à la suite d’un refus du gouvernement Harper de combler un déficit publicitaire. Heureusement, Jean Charest, celui qui affirme se porter à la défense des travailleurs, réagit vivement à cette décision de son chef conservateur, en se cuisinant un cheeseburger avec du bœuf albertain.

 

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[1] LAPIERRE Michel, «L’histoire du scandale des commandites commence en 1689», l’Aut’journal, mai 2004, page 18.

[2] LESTER Normand, Le Livre noir du Canada anglais, Les Intouchables, 2001, page 33.

[3] Ibid., pages 44 à 47.

[4] FILTEAU Gérard, Histoire des Patriotes, Septentrion, 2003, pages 461 et 462.

[5] LUSSIER René, Le Trésor de la langue, 2007. Provient de la pièce Un article de grande rareté mettant en scène Richard Desjardins.

[6] LESTER Normand, Le Livre noir du Canada anglais, Les Intouchables, 2001, pages 109 à 111.

[7] BOURGEOIS Patrick, Quebec Bashing, les Éditions du Québécois, 2008, pages 7 et 8.

[8] MOORE Dene, «Les victimes canadiennes d’un programme de la CIA veulent poursuivre Ottawa», Le Devoir, le 8 janvier 2007, page A3. Selon Noami Klein, journaliste altermondialiste, les expériences du Dr Cameron auraient permis de mettre au point des outils de tortures et des protocoles d’interrogations employés à Guantanamo (Nexus, septembre-octobre 2008, page 35).

[9] PERRON Benoît, GRC-CIA, droite religieuse, mafia et agence de sécurité privée, annonce de la conférence du 23 avril 2008.

[10] LESTER Normand, PHILPOT Robin, «La responsable des fonds secrets d’Option Canada venait du Service canadien des renseignements de sécurité (SCRS)», Le Journal Mir, semaine du 18 au 25 janvier 2006.  

[11] REMISE Valérie, «Faux et usage de faux», Ici, 4 au 10 avril 2002, page 10.