1

 

Un forgeron forge une œuvre.

 

 

Endives farcies et cornichons marinés

 

I

La foi en la politique

(extrait)

 

Peu nombreux sont les gens qui décident de notre avenir. Devrions-nous les écouter et consentir que le fleuve suive son cours selon les impératifs des accords économiques et de leurs relations? Pour naviguer plus rapidement vers la mondialisation des marchés, devrions-nous le creuser afin qu’il soit droit et uniforme? Une fois le travail terminé, serons-nous surpris si le réseau fluvial se transforme en un égout à ciel ouvert?

 

Malgré que personne n’ose comparer l’univers de la politique à un trou béant rempli de rats, de requins et de vermines, le fleuve, comme la cour du roi, devient de plus en plus inaccessible. Ceux qui l’empruntent le savent. Des manifestations sont réprimées par des lois. Des lettres envoyées à des ministères sont ignorées ou réfutées par des commentaires n’ayant rien à voir avec les questions posées. Quand des sondages démontrent une tendance qui ne plaît guère à l’autorité, ils sont galvaudés ou récupérés. Pendant que l’État se coupe de ses citoyens, il rencontre, subventionne et encourage de puissants consortiums.

 

Et que dire de l’information? Elle se regroupe presque entièrement dans Quebecor, Gesca Ltée de Power Corporation et Corus Entertainment inc.. Le premier possède le réseau de Télévision et vidéo associé (TVA), le Journal de Montréal, le Journal de Québec, le câblodistributeur Vidéotron, les disquaires et libraires de l’entreprise Archambault en plus d’éditer plusieurs magazines et livres. Le deuxième veille sur La Presse et Le Soleil, en s’assurant d’une étroite collaboration avec la Société Radio-Canada (SRC) pendant que Corus exploite Teletoon et 50 stations radiophoniques à travers le Canada, comprenant l’ontarienne The Wolf 101,5 (CKWF) et les québécoises CFQR FM (Q92), CKOI FM (96,9), CHMP FM (98,5), CKAC AM et CJRC FM (104,7). Bien que nous puissions saluer ces réussites, elles accompagnent malheureusement le pouvoir politique et des groupes d’influences économiques. Pierre Arcand siège à la présidence de Corus (2002-2007) avant d’occuper le poste de député de Mont-Royal pour le PLQ et ministre des Relations internationales, à la suite des élections du 8 décembre 2008.

 

Plus loin, Power Corporation provoque des remous dans l’eau trouble de l’égout, par la présence de la famille Desmarais. «Hélène Desmarais, épouse de Paul Desmarais Jr» occupe le poste de «directrice à l’Institut de recherches cliniques de Montréal» avec pour camarade l’ex-ambassadeur Raymond Chrétien»[1]. La Dame siège en plus au sein du conseil d’administration du CHUM, au comité consultatif de la faculté de médecine de l’Université de Montréal et à la présidence de l’Institut économique de Montréal (IEDM), organisation charitable à but non lucratif fondée en mars 1999. L’IEDM ne manque pas de liquidité et d’ouvrage. Les dons reçus en 2006 sont de 1 271 979 $, tandis que sa principale activité consiste à créer de la richesse en organisant des dîners-causeries et en noyant le Québec de nombreux textes proposant la privatisation des soins de santé et d’Hydro-Québec, la baisse du salaire minimum et la lutte à la syndicalisation. Parmi les auteurs de l’IEDM, nous retrouvons «Paul Daniel Muller» de la «revue Affaires» et «Nathalie Elgrably» du «Journal de Montréal et Journal de Québec», maintenant à l’Institut Fraser[2].

 

Ces partisans oeuvrent aussi aux visées de l’Institut: Daniel Audet, l’ex-conseiller d’André Boisclair au PQ lors des élections de 2007, Mario Dumont, chef et fondateur de l’ADQ ayant démissionné le 6 mars 2009 et Claude Castonguay, ancien ministre libéral et père de l’Assurance maladie. Ce dernier profite pleinement de ses œuvres pour proposer un changement. À cette fin, «le 17 mai 2006», l’IEDM «dépose un mémoire intitulé: Pour une réelle ouverture de l’Assurance-maladie au Québec»[3]. Parallèlement, «Jacques Chaoulli», médecin québécois et chercheur, amène la Cour suprême du Canada à autoriser le recours «à des assurances privées»[4]. Il gagne sa cause. En août 2007, l’IEDM se réjouit du projet de loi 33 que le jugement provoque pendant que le gouvernement Charest feint l’indignation. La famille Desmarais reste plus silencieuse. Par l’entremise de Power Corporation, elle «possède de nombreux intérêts dans le domaine de la santé au Canada. Les compagnies d’assurance Great-West, London Life, Canada Life, ainsi que le groupe Investors offrent diverses couvertures d’assurance à ses clients»[5]. Pour ce qui est du charmant ministre de la Santé, Phillipe Couillard, il donne sa démission en juin 2008. En août, nous apprenons qu’il joint Pesistance Capital Partners, un fond d’investissement détenant les capitaux de Medisys, fournisseur d’expertises pour la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec qui poursuit l’objectif de réunir un capital de 150 millions de dollars destinés à l’acquisition d’entreprises privées actives dans le domaine de la santé. Mais encore, le Dr Sheldon Elman, fondateur de Medicys, «siège au sein du C.A. du Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal (CEIM) aux côtés d’Hélène Desmarais». Ce groupe «favorise la création de compagnies, entre autres, dans le domaine de la santé et de la vie»[6].

 

Regardons maintenant de plus près l’entourage de Paul Desmarais. Ce fondateur de Power Corporation s’affiche comme un conservateur et le défenseur du fédéralisme canadien. Parmi ses copains, nous retrouvons les anciens premiers ministres du Canada Paul Martin, Brian Mulroney et Jean Chrétien, le chef du PCC Stephen Harper, l’ex-président des États-Unis George Bush et Jean Charest. Ses amitiés sont solides. Lors d’un «déjeuner-causerie en mars 2007», M. Charest arrose l’IEDM de «compliments», en «soulignant son importance dans l’enrichissement des débats idéologiques du Québec»[7]. Le 15 février 2008, il accompagne cette fois M. Desmarais en France auprès du président français Nicolas Sarkozy, un événement tenu secret qui se conclue par le don de la grande croix de la Légion d’honneur à l’administrateur de Power Corporation. Sarkozy lui doit bien ça. Dès 1995, il passe 10 jours avec Paul Desmarais à son domaine de Sagard situé à Charlevois. Ils ont aussi un ami commun, membre du conseil de Power Corporation. Il s’agit du milliardaire belge Albert Frère, le détenteur de la majorité des actions de la Société Suez, une entreprise d’énergie. Après sa privatisation en 2007, cette dernière fusionne avec Gaz de France en juillet 2008, sous le gouvernement Sarkozy, formant ainsi GDF Suez. À l’horizon se pointent Paul Desmarais et Albert Frère, les deux propriétaires. Plus loin, nous retrouvons Paul Desmarais Jr. Il siège au conseil d’administration de «Total» depuis 2002, la cinquième pétrolière au monde, en utilisant le «Groupe Bruxelles-Lambert» comme «intermédiaire»[8].

 

Les consortiums ont malheureusement des effets secondaires. Depuis février 2008, de l’huile coule dans l’égout. Power Corporation se retrouve sur la liste des entreprises à l’éthique discutable du Ethical Funds Compagny, une firme de placement canadienne, rappelant au conglomérat la présence de Total en Birmanie, un pays interdit d’investissement depuis décembre 2007. Et alors! Au Canada, nous ne savons plus que faire avec l’éthique, les scandales, les pertes de mémoire qui s’en suivent et les gens peu recommandables que nous retrouvons dans l’arène politique. Depuis mai 2008, la lassitude emporte même une partie du Canada avec le cas de Julie Couillard, une proche de motards criminalisés qui aurait pu mettre la main sur des dossiers de sécurité de l’OTAN en étant l’amie de l’ancien ministre canadien des Affaires étrangères Maxime Bernier. Pourtant, nous avons le devoir de nous intéresser aux parlementaires et leurs copains si nous voulons éviter que des réseaux transgressent des lois et piétinent la démocratie.

 

Comme d’autres, Antonio Nicaso et Lee Lamothe oeuvrent à cette tâche. Ces auteurs du livre Les liens de sang lient le ministre canadien Alphonso Gagliano, devenu momentanément ambassadeur au Danemark le 15 janvier 2002 sous  l’autorité de Jean Chrétien, à un camarade de gens oeuvrant pour le crime organisé. Au début de 2004, il est mêlé cette fois au «scandale des commandites» et accusé d’extorsion de 260 M$ des fonds publics dont l’usage sert à la promotion du nationalisme canadien et au garnissage de la caisse du Parti libéral du Canada (PLC). En janvier 2002, cette affaire éclabousse l’ancien adjoint législatif d’Elmer MacKay, un ex-ministre conservateur, un ami de Brian Mulroney et le père de Peter MacKay nommé ministre de Défense nationale en août 2007. Son nom est Robert Charest. Il est le frère de Jean Charest et un salarié de la Société Immobilière du Canada (SIC) dirigé par Gagliano[9]. Selon le témoignage devant le Comité parlementaire sur l’éthique du 4 décembre 2007 tenu par l’homme d’affaires Karlheinze Schreiber, à propos du versement de 300 000 $ en argent liquide à Brian Mulroney, nous apprenions que Robert Charest fut aussi l’heureux receveur d’un don de 30 000 $ des mains de Schreiber, afin de financer la course à la chefferie de son frère en 1993.

 

Heureusement, Robert et Jean sont membres de la bonne caste. Avant l’élection de George W. Bush en novembre 2000, Jean affirme que sa famille est l’amie des Bush. Cette relation favorise-t-elle Arthur T. Porter, un copain du président? Après qu’il fut mêlé à un scandale de plus de 1 G$ lors de sa gestion du centre hospitalier de Detroit et au congédiement de près de 3000 employés, M. Porter joint «John Rae», membre actif du PLC, frère de John Rae et «vice-président exécutif de Power Corporation» en acceptant le poste de poste de Chef de la direction (secrétaire) du Centre universitaire de santé de McGill (CUSM) en 2004. Il devient aussi «membre du Comité de surveillance des activités de renseignements de sécurité du gouvernement canadien», groupe qui enquête sur les plaintes auprès du Service Canadien du Renseignement et de Sécurité (SCRS) et «assermenté au Conseil privé pour le Canada», une association qui s’intéresse aux enjeux cruciaux qui touchent au Canada[10]. Mais encore, un accord de collaboration se signe entre le Federal Bureau of Investigation (FBI) et la Sûreté du Québec, à la suite d’un entretien entre Jean Charest et Jebb Bush, le gouverneur de la Floride et le frère de George W. Bush.

 

Vive l’amitié! Les bonnes relations profitent à la construction de murs autour de l’égout, pour que les vermines puissent se rencontrer, échanger, prévoir, négocier et agir loin des yeux de la population. Les résultats inquiètent. Depuis 2002, Washington s’entretiendrait avec le Canada et le Mexique afin de finaliser, pour 2010, un «périmètre nord-américain commun pour l’économie et la sécurité». La première étape est la cueillette de «données biométriques». À cette fin, le projet d’une carte à puce est mis de l’avant par l’ex-ministre libéral Denis Coderre et abandonné en 2003, à cause de ses coûts évalués à 5 G$. Heureusement, car selon un «comité» composé de «John Manley», vice-premier ministre de Jean Chrétien à l’époque, ce projet menaçait la «souveraineté du Canada», tout en étant bénéfique pour le milieu des «affaires».[11] Depuis l’élection de Stephen Harper, les perceptions changent. Maintenant, la liberté et la souveraineté s’échangent contre la sécurité. En octobre 2006, John Manley devient le président du conseil d’administration d’Optosecurity, entreprise québécoise spécialisée dans la détection d’armes dans les bagages. Le 11 avril 2006, «Peter MacKay», ministre des Affaires extérieures à l’époque, confirme que le gouvernement Stephen Harper créera cette «carte d’identité pour se conformer aux nouvelles exigences de sécurité des États-Unis» mise en branle depuis le «31 décembre 2007», pour tous ceux qui voyagent par voie terrestre, dès la fin de 2006 pour ceux utilisant le transport marin et aérien. De son côté, «le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day», célèbre signataire de l’accord du 23 mars 2007, se dit favorable à «l’idée d’une carte d’identité nationale», comme l’a fait le «Parlement britannique»[12]. Pour les appuyer, le 17 avril 2006, le Conseil canadien du commerce de détail, «un organisme à but non lucratif qui représente 9000 marchands», affirme être pour la carte biométrique, qui pourrait aussi s’utiliser comme «carte de crédit ou de débit», tout en faisant état de crainte des coûts des lecteurs et des nouveaux logiciels[13]. Pour calmer les critiques (60 % des Américains et 54 % des Canadiens n’en voulaient pas en avril 2006), «Jim William, directeur de la section US Visit du département de la Sécurité intérieure», visite Montréal, le jeudi 27 avril 2006, pour promouvoir cette carte, en visant sur la «sécurité» et des critères élevés de «Homeland Security»[14].

 

Pour Michel Chossudovsky, économiste, auteur et enseignant à l’Université d’Ottawa, le périmètre nord-américain commun pour l’économie et la sécurité n’est que la pointe de l’iceberg. «Depuis décembre 2002, le Canada participerait à la négociation d’un accord de coopération militaire» qui permettra «à l’armée américaine de traverser la frontière et de déployer des troupes partout au Canada». Cette entente discutée «à huis clos […] au quartier général du US Northern Command (NorthCom) situé à la base aérienne de Peterson au Colorado», aura, selon l’ex-secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, juridiction sur «le Canada, le Mexique, l’Arctique canadien et une portion des Antilles». Pour servir NorthCom, le Groupe de planification binational (BPG) utilise les services de «50 planificateurs militaires canadiens et américains […] redevables ni devant le Congrès américain ou la Chambre des communes». Pour les accompagner, le «Plan d’assistance civile (CAPE)», branche du BPG jumelée au «Plan combiné de défense (CDP)», conclurait un accord avec le responsable de la Sécurité intérieure Tom Ridge, aussi au service du US Departement of Homeland Security. Intitulé Canada-US Smart Border Declaration, il donne «accès à des informations confidentielles sur les citoyens canadiens», à leurs «dossiers fiscaux» et permettra à des «troupes spéciales américaines d’entrer au Canada» pour arrêter des citoyens canadiens[15].

 

En septembre 2006, les négociations vont très bien. Une «rencontre secrète sur la prospérité continentale dans le nouvel environnement sécuritaire» coprésidée par «George Shultz, l’ancien secrétaire d’État du président Ronald Reagan», se tient à «l’hôtel Fairmount Banff Springs» en Alberta, sous la tutelle du Conseil des relations étrangères «(CFR)», un influent groupe d’oligarques. La rencontre porte «sur l’intégration profonde qui consiste principalement à éliminer la souveraineté nationale pour permettre l’édification d’une forteresse nord-américaine». À cette fin, sont présents ces hommes d’État: «Donald Rumsfeld», le ministre de la Défense du Canada «Stockwell Day», l’ancien «ministre de la Défense Gordon O'Connor», Rick Hillier, employé de la Banque Toronto Dominion depuis septembre 2008, ancien «commandant de NorthCom […] et du NORAD» occupant le poste de chef de l’état-major du Canada de février 2005 à juillet 2008 et «l’amiral Tim Keaning». Nous retrouvons aussi «Pierre Marc Johnson», l’ex-chef du PQ oeuvrant pour le «cabinet d’avocats Heenan Blaikie» et responsable de la Commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde survenu à Laval, Québec, le 30 septembre 2006. Sans oublier les «dirigeants du complexe militaro-industriel et des compagnies pétrolières» composées de «Lockheed Martin, Chevron, PEMEX et Suncor Energy»[16].

 

Ce rendez-vous ne représente pas une exception à la règle. Dans l’égout, il y a de nombreux laquais d’entreprises qui se pointent un peu partout. Aux États-Unis, «une étude de chercheurs de la Sonona State University» affirme que «118 personnes siègent» au sein des «10 plus importantes organisations médiatiques» et «288 sociétés nationales et internationales» comprenant le «ministère de la Défense, le New York Time, Gannett, Brechtel, Disney (ABC), Boeing et ces quatre partenaires que nous retrouverons plus loin: le «Groupe Carlyle», un puissant fonds d’investissement international fondé par David Rubinstein et d'anciens membres de la Central Intelligence Agency (CIA), dixit Frank Carluci et George Bush, «General Electric» (GE), l’actuel propriétaire du National Broadcasting Corporation (NBC), «Halliburton», un vendeur de biens lié principalement aux forces militaires et toujours «Lockheed Martin»[17]. Au Canada, les mêmes liens se raffermissent, malgré les changements de gouvernements. En l’an 2005, «200 lobbyistes», représentant les pétrolières «Shell» et «Impérial Oil», le spécialiste en télécommunication «Roger», la multinationale de biotechnologie «Monsanto», la firme de relation publique «Hill & Knowlton» et «Earnscliffe», se retrouvent autour du premier ministre Paul Martin[18].

 

L’économie d’abord! Parlons plutôt d’intrusions malveillantes qui touchent les fondements de la démocratie et le noyau communautaire, en fonction d’ambitions démesurées et de la mort. La multinationale Monsanto connaît bien la recette. En 1968, l’avocat Jean Martineau témoigne devant la Commission Gendron, au nom de l’entreprise, pour s’opposer à la francisation du Québec. L’étroitesse d’esprit paye. Malgré la promesse de Jean Charest, en 2003, d’étiqueter les produits contenant des OGM, nous sommes toujours plongés dans la confusion quand vient le temps de choisir les aliments que nous consommons. Aidons le marché.  En 2008, Monsanto produit près de 90 % des OGM cultivés à ce jour. Ce succès ne surprend pas.  Depuis 1995, les OGM s’imposent à la population canadienne et américaine, sans égard à leurs droits, libertés et religions, avec très peu d’études sérieuses et des prévisions optimistes sur d'éventuelles contaminations des espèces sauvages, qui se sont multipliées par 1000 en passant de 300 mètres, en théorie, à près de 300 km. Malgré le silence du gouvernement canadien, qui semble vivre une relation plus passionnante avec les seigneurs qui créent les OGM que les sujets qui les critiquent, les problèmes existent. «James Maryanski […] le responsable des biotechs entre 1985 et 2006 à la Food and Drug Administration (FDA)» reconnaît le «danger des OGM dans des rapports sur […] le L-tryptophane, un acide animé prescrit comme additif alimentaire pour lutter contre l’insomnie. Ce produit a tué 37 personnes et en a handicapé 1000 autres[19].» En juin 2005, la «justice allemande» dévoile un rapport secret de Monsanto. Le «maïs MON 863», OGM «homologué depuis 2003 par Santé Canada» et reconnu pour sa résistance contre la «chrysomèle», provoque des «troubles de poids», des «infections du foie et des reins et une augmentation du taux de globules blancs» chez des rongeurs[20]. Monsanto fabrique aussi la controversée hormone transgénique de croissance bovine recombinante connue sous le nom de rBGH. Au Canada, son jumeau est le Revalor-H.  Celle qui a le courage de s’opposer à son homologation n’est pas une princesse, la Gouverneure générale, une reine ou le lord d’un consortium médiatique ou industriel, mais Margaret Haydon, une scientifique du ministère fédéral de Santé Canada. Selon ses analyses, le Revalor-H provoquerait une puberté précoce chez les veaux, et une prolifération des tissus mammaires chez les génisses. Pour les veaux castrés, la prostate grossirait «énormément». Pour les enfants qui consommeraient de la viande qui contiendrait des résidus de Revalor-H, le thymus, glande de croissance, serait affecté, ce qui risquerait d’affaiblir le système immunitaire. Toujours selon la Dame, l'hormone pourrait laisser des traces d’estradiol dans le lait, considéré comme une substance cancérigène aux États-Unis et le trembolone, interdit en Europe. Nous ne pouvons oublier le polychlorobiphényle (BPC). Cette molécule hautement toxique marque l’actualité lors de l’incendie de barils de BPC entreposés à Saint-Basile-le-Grand, village situé au sud de Montréal, en obligeant l’évacuation de plusieurs milliers de résidents. Monsanto reconnaît «les effets délétères de cette substance», sans le dévoiler publiquement, «comme en témoignent plusieurs documents confidentiels […], dont cette étonnante note interne datant de 1970» qui demande aux vendeurs de ne pas mentionner ses dangers afin d’éviter de «perdre un dollar de vente»([21]).

 

Pour cette fois Hill & Knowlton, en 1990 cette firme de relation publique dupe les Américains lors de la présentation d’un faux reportage, dont le but est de faire croire que les troupes de Saddam Hussein ont volé 300 incubateurs dans un hôpital du Koweït. Ça fonctionne! La population américaine est dégoûtée. En janvier 1991, le Pentagone profite de ce sentiment pour attaquer l’Irak, geste qui provoque la mort de plusieurs milliers de civiles.

Retour à la page d’entrée



[1] PERRON Benoît, «Réseaux d’affaires et think tanks archéolibéraux», À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 20.

[2] VAILLANCOURT Claude, «Le chant de sirènes de l’IEDM», À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 29.

[3] PELCHAT Marie, «Un organisme charitable?», À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 22.

[4] SARRASIN Rachel, «L’avenir du système de santé québécois», À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 23.

[5] PETIT Martin, «L’IEDM dans les médias», À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 32.

[6] LEGAULT Josée, «Secrets de polichinelle», Voir, le 21 août 2008, page 9.

[7] BROUILLARD Christian, «Rencontre du troisième type»,À Bâbord!, octobre-novembre 2007, page 21

[8] DUBUC Pierre, «Comment Nicolas pourra-t-il épater son grand ami Paul?», l'Aut'Journal, juin 2007, page 3.

[9] www.pointsud.ca/16septembre 2001/grccharest.html. C’était au tout début de l’affaire Alfonso Gagliano, ministre responsable de la Société Immobilière du Canada. Le 11 janvier 2002, le quotidien d’obédience conservatrice The National Post écrivait que Robert Charest, le frère du chef libéral Jean Charest, avait reçu de la Société Immobilière du Canada entre 1996 et 1998 un salaire de 159 000 $, des commissions de 5 900 $ et des frais de dépense de 22 236 $, soit environ 6 000 $ par mois durant deux ans.

[10] PERRON Benoît, L’éconoxydable, CIBL FM, le 10 février 2009.

[11] GORMAN Beth, «Le Conseil des Canadiens craint pour la souveraineté du pays», Le Devoir, le 15 mars 2005, page A5.

[12] LAROQUE Sylvain, «Ottawa songe à une carte-passeport à l’américaine», Le Devoir, le 12 avril 2006, page A3.

[13] «Les commerçants s’inquiètent des coûts», Métro, le 18 avril 2006, page 9.

[14] MYLES Bryan, «Les Américains tentent de vendre leur carte de sécurité», Le Devoir, le 28 avril 2006, page A4.

[15] CHOSSUDOVSKY Michel, «Northcom viole la souveraineté du Canada», l’Aut’ journal, décembre 2004 et janvier 2005, page 5.

[16] CHOSSUDOVSKY Michel, «L’intégration profonde remplacera la souveraineté», l’Aut’ journal, octobre 2006, page 5.

[17] PHILLIPS Peter, Lew BROWN et Bridget THORNTON, www.projectcensored.org, traduit par Laurent Deshayes, «Les armes électromagnétiques menacent les droits de l’Homme», Nexus, juillet-août 2007, page 40.

[18] CASTONGUAY Alec, Le Devoir du 15 et 16 janvier 2005.

[19] FRANCOEUR Louis-Gilles, «Main basse sur l’alimentation planétaire», Le Devoir, page A6, le 17 et 18 mai 2008.

[20] DEGLISE Fabien, «Un OGM potentiellement dangereux est vendu au Canada», Le Devoir, le 23 juin 2005, page A4. Selon un article publié dans Les Cahiers d’Ouranos de juin 2005, avant que Monsanto ait demandé l’homologation de ce maïs, avec les résultats que nous connaissons, la «France» et des «pays de l’Est» ont été envahis par la «chrysomèle», un insecte jusqu’ici présent surtout en Amérique du Nord.

[21] DEGLISE Fabien, «Monsanto, une multinationale sans gêne», Le Devoir, le 29 et 30 mars 2008, page D4. Le texte de M. Deglise s’inspire du documentaire de Marie-Monique Robin (ONF) Le Monde selon Monsanto.